41 Moussem Culturel International d’Assilah

Update _ 27-06-19

Si les peintures murales d’Asilah, qui accompagnent chaque année le Moussem culturel de cette belle ville côtière à la renommée internationale, sont devenus une tradition, la singularité de chaque édition et de chaque fresque leur confèrent un attrait particulier, et à la cité une personnalité renouvelée, sans pour autant altérer son âme de ville d’art et d’accueil.

À la veille de la 41e édition, qui s’ouvre le 21 juin et se poursuit jusqu’au 12 juillet, ce sont une quinzaine d’artistes du Maroc et de France qui s’attellent, chacun dans son style reflétant une école d’art, à la tâche d’embellissement des ruelles d’Asilah.

Abderrahim Hamza, un caligraphiste originaire de Marrakech, qui se revendique d’un art nouveau mariant calligraphie et graffiti, se fait “une immense joie et un grand honneur” de participer au Moussem d’Asilah, voyant un bon augure dans la coïncidence de sa participation à la 41e édition du Moussem avec son propre anniversaire.

Pour cet artiste autodidacte, c’était “un rêve, et le rêve de beaucoup d’artistes, de prendre part à cette manifestation culturelle, qui a gagné une notoriété internationale indéniable”. Une fois le rêve exaucé, Abderrahim compte faire de sa fresque, dans la rue Ibn Khaldoun, un tableau de calligraphie qui interpelle sur l’universalité de l’art.

“Je me concentre plutôt sur le côté artistique que sur le message littéraire de la toile”. Un passage à l’Inde l’année dernière avait inspiré le jeune artiste qui juxtapose des alphabets de différentes langues dans un ensemble multiculturel qui célèbre la co-existence et la tolérance.

Après s’être spécialisé dans la calligraphie arabe, cet économiste de formation, que rien ne prédestinait à l’art sauf une passion d’enfance, a aussitôt choisi de se démarquer des autres calligraphes “qui enrichissent la scène marocaine”. “Je me suis donc tourné vers l’art plastique et surtout l’abstrait en usant de mes connaissances en calligraphie”. C’est ce qu’on appelle l’art moderne, qui donne plus de liberté à l’artiste, l’amenant à apprivoiser la lettre, qu’elle soit arabe, latine, amazighe, indienne, hébreu, grecque ou autre.

À rue Sidi Taieb, Sandrine Lorenzo, une Française spécialiste des techniques traditionnelles, qui avait suivi une formation en trompe-l’œil, s’affaire, éponge à la main, à terminer son portrait complexe d’une femme berbère. “C’est un hommage que je fait à la culture marocaine”, se réjouit-elle.

Cette fréjusienne (sud-est de la France) qui travaille sur le patrimoine méditerranéen, notamment sur la restauration de fresques, se déclare ravie de travailler pour la première fois sur le patrimoine marocain, une culture qu’elle dit chérir, et qu’elle entend explorer de plus près lors de ce festival.

Quelques ruelles plus loin, face à la mosquée Ibn Abbad, son compatriote Stéphane Oner, Cosmos de son nom d’artiste, travaille sur des formes géométriques qu’il façonne avec l’abstraction et l’écriture. “Je viens du graffiti, avec un travail de graff et de tag que j’incorpore à l’abstrait par rapport à l’action painting”, révèle ce jeune français qui s’inspire de l’école américaine, Jackson Pollock en particulier.

Ce mural, qui représente une répétition du mot Cosmos “comme une sorte de leitmotiv”, vise à “retransmette toute l’énergie positive que je voudrais dégager”, nous affirme l’artiste qui se dit, par ailleurs, “très heureux de participer à ce festival”.

Cosmos, qui avait débuté sa carrière dans le graffiti et les tags “dans le métro en 1987 avec d’autres tagueurs”, a plus tard redirigé son travail vers l’art pour devenir l’un des grands artistes du street art, un créneau qui ne cesse d’attirer artistes et publics.

Le 41ème Moussem culturel international d’Assilah se tiendra du 16 juin au 12 juillet à Assilah, sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a annoncé mercredi la « Fondation du Forum d’Assilah », initiatrice de cet évènement.  La cérémonie d’ouverture officielle du Moussem aura lieu le vendredi 21 juin à 17H00 à la Bibliothèque Prince Bandar Bin Sultan, a indiqué la Fondation dans un communiqué.
Lors de ce Moussem et dans le cadre de sa 34ème session, l’Université d’Eté Al-Mouatamid Ibn Abbad abritera une série de colloques, de rencontres intellectuelles, scientifiques et créatives, précise le communiqué.
Le programme de l’Université d’Eté comprend plusieurs activités, notamment une série de colloques sur des thématiques comme « L’insupportable fardeau de la démocratie: quelle voie pour le salut? », « Le développement durable et les contraintes dans les pays de l’hémisphère Sud », « La cohésion sociale et la diversité dans les systèmes d’éducation arabes », « La poésie arabe dans le contexte d’un paysage culturel mouvant » et « La créativité africaine en Afrique et dans la diaspora ».
Seront programmés également lors de cette manifestation culturelle des ateliers d’arts, qui accueilleront des artistes graveurs, peintres et sculpteurs du Maroc, de France, d’Arabie Saoudite, de Côte d’Ivoire, du Ghana, de France, de Bahreïn, d’Irak, d’Argentine, de Tunisie, d’Espagne, d’Italie, du Japon et d’Argentine. Le Moussem accueillera aussi des groupes de musiciens et de chanteurs du Maroc, de France, d’Espagne, du Sénégal/Mali, du Ghana, d’Angola et du Cap-Vert, a fait savoir la même source.
Par ailleurs, le Moussem sera marqué par un « espace de peinture pour enfants », un « atelier d’écriture et de création d’enfants », un atelier de peinture murale auquel prendront part des artistes du Maroc et d’Arabie Saoudite, ainsi que des « fresques murales du Moussem » auxquelles contribueront des groupes d’enfants. En outre, la Galerie du Centre de rencontres internationales Hassan II accueillera, pour la première fois, une exposition d’œuvres d’artistes africains ayant participé à l’Atelier d’arts depuis la date de création du Moussem en 1978.
Un autre pavillon du Centre accueillera également une exposition spécialement dédiée à la troisième session des « Rabiïyat », Printemps d’Assilah 2019, qui comprendra des œuvres d’artistes participant à l’Atelier « Rabiïyat des arts », organisé chaque année pendant le mois d’avril.
L’ »Espace d’expositions » au Palais de la Culture – le Diwan- abritera une exposition spéciale consacrée aux jeunes artistes zaïlachis.

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dim 16 Juin 2019 - ven 12 Juil 2019

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