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Artiste

Zoubeir Ben Bouchta : Dramaturge

Où êtes vous né ?

Je suis né en 1964 à Tanger et j’ai grandi dans le quartier de Mssalah.

Qu’est ce qui vous a conduit dans l’univers artistique ?

Je suis autodidacte. J’ai fait mes études au collège IBN Battuta. J’ai ressenti très jeune l’appel de l’art. À l’époque, il n’y avait pas d’école de cinéma ou de théâtre, et la ville ne faisait pas vivre le théâtre comme aujourd’hui. J’ai rencontré la bande à Paul Bowles au début des années 80, grâce à mon rôle d’assistant du cinéaste Moumen Smihi, lors de son adaptation du roman “The Big Miror” de Mohammed Mrabet, transcrit par Paul Bowles. J’avais pour rôle de passer les messages entre Bowles et les réalisateurs, puisque Paul se refusait à avoir un téléphone ou un fax. De là, je le côtoyais lui et ses amis.

Comment vous êtes vous mis à écrire ?

Vers la fin de mon adolescence, j’ai d’abord écrit des chansons pour un groupe que j’avais formé avec des amis « Achbel », Les Lionceaux. Puis j’ai écrit des articles et des critiques d’art pour des magazines marocains et arabes. Ce n’est que plus tard que je me suis mis à l’écriture théâtrale. Ma première pièce s’intitulait “La folie des inondations» mais je l’ai égarée au fil des déménagements. Elle a été répétée par les acteurs, mais jamais représentée, puisqu’en 1987, j’ai reçu une bourse pour faire un stage d’un mois à la Maison de la Culture du Monde à Paris. Cela a été pour moi un véritable choc culturel, qui m’a fait tout remettre en question. J’ai découvert une nouvelle voix de la création et de la pratique culturelle. À mon retour, j’ai tout recommencé à zéro, et c’est à partir de là que j’ai intégré le cinéma auprès de Moumen Smihi, lors du tournage de Caftan d’Amour. Dans les années qui suivirent, j’ai entamé l’écriture de “La valise”, parue en 1999. C’est une pièce sur l’exil. Elle a été jouée par plus d’une trentaine de troupes amateurs en moins de deux ans. J’ai reçu un prix de L’union des Jeunes Écrivains du Maroc pour ce texte. Cela m’a permis de marquer un pas dans ma carrière d’écrivain et de me révéler au public. J’ai ensuite enchaîné les stages et les formations dans l’écriture et le cinéma.

Quelle type de pièces écrivez-vous ?

J’écris pour le théâtre contemporain, en arabe classique ou darija, en m’efforçant de faire bouger les lignes classiques de la dramaturgie. J’essaye de créer des textes “troués”, pour laisser la place à la sensibilité de l’acteur ou du metteur en scène.

Que représente Tanger dans votre œuvre ?

C’est le fil conducteur. Depuis 2000, elle occupe une place très importante, surtout depuis la parution de la trilogie Hôtel Tanjah, composée de “Ya Mouja Ghani” (Ô vague chante) en 2000

suivie de “Lalla Jmila” en 2004 et “Rue Shakespeare” en 2006. “Lalla Jmila” a même reçu le prix du texte au Festival de Théâtre de Meknès en 2004.

Dernièrement, Saïd Benjelloun, professeur à  l’Université Jean Jaurès de Toulouse a traduit ce texte en français, c’est une première pour moi. Intitulé “Le Rocher des Filles”, cet ouvrage, paru aux éditions PUM, a choisi de célébrer la Journée Mondiale de la Femme au sein de l’Université. La compagnie Section arabe, composée d’étudiants, donnera une lecture en deux langues. Ce livre est basé sur la rencontre de deux demi-sœurs, l’une qui a vécu dans une société patriarcale, et l’autre issue d’une génération fondée sur l’espoir de voir la condition de la femme se libérer au sein de la communauté arabo-musulmane.

mars 18, 2017 / par / dans
Mounir Fatmi : artiste plasticien

Mounir Fatmi est un tangérois qui vit et travaille actuellement entre Paris et sa terre natale.

Un artiste, un concepteur, qui transpose le spectateur dans des espaces construits sur des jeux de langage. Son travail traite de la désacralisation de l’objet religieux, de la déconstruction, de la fin des dogmes et des idéologies. Il s’intéresse spécialement à l’idée de la mort de l’objet de consommation. Cela peut s’appliquer à des machines photocopieurs, des câbles d’antennes, des cassettes VHS, une langue morte ou à un mouvement politique. Ses vidéos, installations, peintures ou sculptures mettent au jour nos ambiguïtés, nos doutes, nos peurs, nos désirs. Ils pointent l’actuel de notre monde, ce qui survient dans l’accident et en révèle la structure. L’œuvre de Mounir Fatmi offre un regard sur le monde à partir d’un autre angle de vue, en refusant d’être aveuglé par les conventions.

Son travail a été présenté au sein de nombreuses expositions personnelles, au Mamco, Genève, au Migros Museum für Gegenwarskunst, Zürich, au Musée Picasso, la guerre et la paix, Vallauris, au FRAC Alsace, Sélestat, au centre d’art contemporain le Parvis, à la Fondazione Collegio San Carlo, Modena, à la Fondation AK Bank d’Istanbul, au Museum Kunst Palast de Düsseldorf et au MMP+ de Marrakech.

Il a participé à plusieurs expositions collectives au Centre Georges Pompidou, Paris, Brooklyn Museum, New York, N.B.K., Berlin, MAXXI, Rome, Mori Art Museum, Tokyo, Museum on the Seam, Jerusalem, Moscow Museum of modern art, Moscou, Mathaf, Arab Museum of Modern Art, Doha, Hayward Gallery, Londres, Art Gallery of Western Australia, au Victoria & Albert Museum à Londres et au Van Abbemuseum, Eindhoven.

Ces installations ont été sélectionnées dans le cadre de plusieurs biennales, la 52ème et la 54e Biennale de Venise, la 8ème Biennale de Sharjah, la 5éme et la 7éme biennale de Dakar, la 2ème Biennale de Séville, la 5ème Biennale de Gwangju, la 10ème Biennale de Lyon, la 5ème Triennale d’Auckland, Fotofest 2014 Houston et au 10ème Rencontres de Bamako.

Il a reçu plusieurs prix dont le prix de la Biennale du Caire, en 2010, le Uriöt prize, Amsterdam, ainsi que le Grand Prix Léopold Sédar Senghor de la 7ème Biennale de Dakar en 2006 et sélectionné pour le prix Jameel Prize, du Victoria & Albert Museum, Londres en 2013. Il expose à la Galerie lawrieshabibi à Dubaï à partir du mois de mars prochain.

février 18, 2017 / par / dans
Abdellatif Mehdi : Peintre jovial aux personnages macabres

D’où venez-vous ?

Je suis tangérois. Mon père est né dans la médina et ma mère est originaire de la campagne avoisinante.

Depuis quand peignez vous ?

J’ai fait mes premiers pas dans le domaine de l’art, en 1987, en ouvrant Bab el fen. C’est une boutique de fournitures pour l’art et l’encadrement, située sur le boulevard. Cela a été ma porte d’entrée sur l’art. Je peignais déjà avant, mais je ne me suis vraiment senti peintre qu’à partir de 1997. Grâce à Bab el fen, j’ai côtoyé beaucoup d’artistes et de collectionneurs d’art, par le fait d’avoir chaque jour de nombreux tableaux à encadrer. À force de voir des milliers de tableaux passer entre mes mains, j’ai acquis un certain goût artistique.

Quel est votre style ?

Au début, j’ai commencé par du figuratif, en réalisant des portraits, des paysages de Médina, et même de l’orientalisme. Tout cela, jusqu’à ce que je me découvre un engouement certain pour l’expressionnisme. Ce que j’aime dans ce style, c’est pousser le spectateur à se poser une question et avoir sa propre image de l’oeuvre. Le faire réfléchir.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

La vie et ses problèmes. Si la vie laissait des traces physiques sur nos visages à chaque malheur, nous serions tous comme mes personnages à l’allure macabre. J’avoue que c’est difficile de trouver un acheteur qui veuille exposer mes toiles chez lui. Mais j’aime les tableaux qui font peur, qui font réagir, qui interpellent. Ils transcrivent des vérités humaines.

Qui sont vos personnages ?

Je peins souvent la bouteille de vin, le chien et le nu, pour leur aspect provocateur. Je cherche à sortir des limites au travers de simples formes et des mises en situation. J’aime que mes personnages aient une force, qu’ils perturbent le spectateur. Je suis fatigué de voir toujours exposés des djellabas, des médinas… Mes tableaux rappellent la douleur de la vie.

Comment peignez vous ?

Je ne fais jamais de croquis. Je me lâche sur la toile. Parfois ça marche du premier coup parfois c’est plus difficile. Mais je travaille avec le noir et ses dérivés, ponctué par quelques couleurs. Les gens trouvent le noir triste, mais sans le noir on n’arriverait pas à dormir. C’est 88% de l’univers. Mais en peignant, je me suis rendu compte que je ne suis pas toujours artiste. Lorsque l’inspiration n’est pas là, je ne peux me forcer à peindre.

Où avez-vous déjà explosé ?

J’ai déjà exposé à Tanger, à la galerie IBN Khaldoun, à la Medina Art Gallery, et en février prochain, j’expose à Casablanca, à la galerie Palette des Arts.

janvier 19, 2017 / par / dans
Saïd Hbicha

Né en 1964 à Ksar El Kbir, Saïd Hbicha expose pour la première fois depuis 9 ans. Il a occupé la dernière décennie à répondre aux nombreuses commandes du Palais Royal, ainsi que celles de hauts dignitaires. Il présente pour la première fois ses créations personnelles, mettant en lumière les couleurs du Nord du Maroc.

Comment avez-vous été découvert par SAR Mohammed VI ?

SAR Mohammed VI a reçu en cadeau un de mes tableaux, de la part d’un général. Il a apprécié le style de l’oeuvre, et par la suite j’ai été invité à réaliser des commandes pour le Palais et les bureaux de la Garde Royal. J’ai peint les sept portes de la médina de Tétouan ainsi que plusieurs tableaux commémoratifs.

L’avez-vous déjà rencontré ?

J’ai eu ce privilège et cet honneur le 31 mars 2009.

À quel style appartenez-vous ?

Je suis un peintre impressionniste.

Avec quoi peignez-vous ?

Je peins uniquement à l’huile. Principalement avec mes pinceaux, mais il m’arrive d’utiliser des couteaux ou une éponge, mes mains ou tout ce qui se trouve à côté de moi.

Quand vous êtes vous mis à peindre ?

Je me suis découvert une passion très jeune. Dès l’âge de 5 ans, à l’école de Ksar el Kbir, où je faisais les ornements de tableaux coraniques. Puis, j’ai intégré la première génération d’étudiants au lycée des Arts Plastiques de Tanger, en 1982. Le Bac en poche, je pars pour Amien, en France, à l’université. J’y ai fait un an et suis rentré en vacances à Tanger. J’ai rencontré mon épouse qui entamait un cursus pour devenir professeur d’art plastique. J’ai fait le choix de rester avec elle et de faire les même études. J’ai obtenu mon diplôme et suis devenu prof au lycée à Tétouan. J’ai aimé cette ville et y ai trouvé l’ébullition artistique que je cherchais. J’ai fait ma première expo officielle en 1989, à la Galerie Bertucci, aujourd’hui nommée Mekki Megara. J’y ai rencontré beaucoup d’artistes locaux de grande renommée qui m’ont encouragé et avec qui je me suis lié d’amitié.

Qu’aimez vous peindre ?

J’aime peindre le quotidien, le chaos organisé du souk, les quartiers populaires et anciens. Je peins des paysages vivants. Généralement, je prends une photo qui m’inspire dans ma création une fois à l’atelier, mais il m’arrive de prendre mon chevalet et mes crayons de m’installer sur place.

Qu’est ce que l’intérêt de SAR Mohammed VI a changé pour vous ?

Après avoir reçu mes premières commandes pour le palais, j’ai été propulsé dans une telle notoriété, qu’à certaines périodes, j’avais du mal à honorer toutes les commandes à temps.

Qu’exposez vous actuellement à la Médina Art Gallery ?

J’ai réalisé tellement de commandes personnalisées, qu’il fallait que j’expose mon véritable style. Impressionnisme et clairs obscurs. L’ombre et la lumière, au service des couleurs des paysages vivants du Rif.

décembre 19, 2016 / par / dans
Younes Fakhar : L’enfant prodige de la musique Tarab

D’où venez-vous ?

Je suis né à Tanger en 1985, mais je suis originaire de Ouarzazate. J’ai grandi au quartier Aïn Ktiouet. Mais bien que je revendique pleinement mon esprit saharaoui, mon cœur bat pour Tanger, pour tout ce qui se rapporte à l’art et qui m’inspire.

Depuis quand êtes-vous dans la musique ?

Je suis rentré au conservatoire public de musique de Tanger, qui était à côté de chez moi, en 1998. J’ai appris le luth durant 7 ans avant de devenir professeur de luth au conservatoire de Merchane, puis professeur de musique à HEM.

Quel style musical aimez-vous jouer ?

La musique Tarab. Il en existe 2 catégories : Tarab andalous et Tarab oriental. Ce sont deux musiques que j’aime beaucoup, mais cela ne m’a pas empêché de pratiquer différents styles,  en collaboration avec plusieurs groupes, que ce soit le rock avec les Lazywall, le jazz avec Jazz in Trio, le groupe de Yassine du Chellah Club ou dernièrement, la musique Séfarade avec la soprano Samira Kadiri. J’ai d’ailleurs composé quelques chansons pour elle qui sont sur son dernier album.

Quels sont vos créations personnelles ?

J’ai sorti un single en 2012, Mozart marocain. Une fusion entre la musique andalouse et la musique classique occidentale. j’ai aussi créé quelques compositions musicales qui ont servi de bande son pour une série de documentaires diffusée sur la chaîne Al Jazeera.

Quel musiciens vous inspirent ?

Il y en a beaucoup. On peut citer la grande Oum Keltoum, ou Mohammed Abdelwahab, Ouadia Al-Safi, Abdelkader Rachdi ou dans un autre registre, Mozart. Je m’inspire de tout ceux-là pour créer ma propre identité musicale.

Où avez-vous déjà joué ?

En Suède, France, Suisse et plus précisément à Genève où avec mon groupe, nous participons à la fête de la musique depuis 4 ans. Mais j’ai aussi joué en Espagne, en Belgique, en Pologne et dans le Maghreb, Algérie, Tunisie ou Egypte, sans oublier le Maroc, bien sûr. Actuellement, je joue tous les soirs au sein du restaurant marocain de l’Hôtel Kenzi Solazur.

Quelles sont vos ambitions ?

Comme tout musicien, je rêve qu’un jour ma musique puisse être diffusée dans le monde entier.

Quels sont vos projets ?

Je travaille actuellement sur mon tout premier album. Une fusion entre Maroc et occident, mêlant jazz, blues et rock grâce à de nombreuses collaborations. 7 morceaux sont déjà enregistrés, 3 sont en cours. L’album devrait sortir début 2017, inchallah.

novembre 19, 2016 / par / dans
Pascual De Cabo : Artiste complet et peintre classique

D’où venez-vous et depuis quand êtes-vous installé à Tanger ?

Je viens du monde ! Mais je suis natif de Majorque en Espagne. J’ai vécu quatre ans à Paris, puis trois ans à New-York et quatre ans au Salvador. Je ne suis à Tanger que depuis quelques mois seulement.

Depuis quand peignez vous le Maroc ?

Je peins depuis toujours. J’ai reçu ma première récompense à l’âge de 9 ans. Cela fait 24 ans que je m’intéresse au Maroc. Mes premières toiles sur le royaume représentaient des paysages et des vues de grandes villes telles que Fès ou Marrakech. J’aime beaucoup Tanger mais j’avoue y avoir installé mon atelier surtout en raison de la proximité de mon pays natal.

Quel courant artistique vous définit le mieux ?

Actuellement je me sens plus appartenir à l’école figurative. J’ai d’ailleurs été récompensé à Majorque dans cette catégorie. Mais comme tous les artistes, je suis passé par différentes périodes. Figurative certes, mais aussi hyper réaliste et même l’art contemporain, bien que je ne me suis pas retrouvé dans ce courant artistique. Je suis un artiste complet, mais surtout un peintre classique, et j’en suis fier, un adepte de la peinture sur chevalet, comme les anciens. Plusieurs livres sur mes œuvres réalisés durant ces différentes époques ont été édités.

Quels sujets vous inspirent ?

Paysages, natures mortes ou portraits… Je travaille uniquement les sujets que j’aime. Le regard de l’acheteur m’importe peu. Je laisse les marchands d’art spéculer, le prix de mes toiles ne m’intéresse pas. Ma richesse c’est d’avoir pu peindre toute ma vie. La seule fois où j’ai travaillé, je devais avoir 13 ans, et même là, je peignais des murs.

Quels artistes vous inspirent ?

J’ai travaillé aux côtés de Antonio López García, qui est surement l’un des principaux représentants de l’hyperréalisme en Europe. Mais pour moi, Velasquez est sans nul doute le plus grand artiste peintre qu’ait connu l’humanité. Je lui ai d’ailleurs consacré une série qui rend hommage à ses oeuvres dans laquelle je mets en scène ses tableaux ou bien certains de ses personnages.

Quel lieu préférez vous à Tanger ?

Le café central, au Petit Socco. J’aime y être, mais je n’ai encore jamais pensé le peindre pour l’instant…

octobre 19, 2016 / par / dans
Abdrrafie Gueddali

Né à Larache, Abdrrafie Gueddali s’est installé à Tanger en 1968. De 1973 à 1976, il a étudié à l’Ecole des arts appliqués de Casablanca, avant de rejoindre en 1976 le Centre pédagogique régional de Rabat. Après de multiples formations parallèles au Maroc et à l’étranger, il a été nommé en 1986 à Tanger pour enseigner l’histoire de l’art et la didactique de l’enseignement des arts plastiques. Depuis 2005, date de son départ anticipé en retraite, il se consacre pleinement à la création plastique.

Artiste contemporain, sciemment opposé au conformisme dans l’art, il se définit en tant qu’éco-plasticien, autrement dit un artiste éco-citoyen soucieux de la planète.

Plus qu’un artiste, c’est un chercheur qui s’éloigne du mimétisme académique des autres plasticiens. Ses recherches le poussent à developper le travail de la matière et la réutilisation de tout ce qui passe entre ses mains. Sa maison et son atelier sont, à eux seuls, ses plus grandes créations. Des enduits à base de plateaux d’oeufs et de cartons recyclés ornent les murs et prouvent son implication dans le recyclage, à tel point que chez lui, il n’y a pas de poubelle ! Emballages, boîtes de conserve, bouteilles… Tout cela part directement dans son atelier pour être transformé en un objet d’art capable de transmettre sa vision du monde.

L’inutile et l’usé sont ses outils de création. La récupération et la revalorisation sont les concepts majeurs de sa pensée. Constamment à l’affût de nouvelles approches de la matière, il guette l’imprévu et l’inédit.

Ses oeuvres, qu’il qualifie d’hybrides, mêlent supports et matières diverses pour un rendu qui révèle ainsi certains clichés interceptés dans notre quotidien. Ils représentent d’une manière allusive et parfois arbitraire des signes et des traces visibles d’une société responsable de sa façon de vivre.

La toile, le carton d’emballage, le métal sont autant d’éléments ordinaires de notre quotidien, qu’il transcende d’un geste pictural.
Exposition du 15 juillet au 5 août à la Medina Art Gallery

juillet 19, 2016 / par / dans
La Comédie de Tanger : L’art de la scène à la sauce tangéroise

Philippe Lorin, créateur du festival Tanjazz, ancien publicitaire, acteur et metteur en scène durant sa jeunesse, a créé en 1996 La Comédie de Tanger, une troupe de théâtre francophone qui réunit acteurs marocains et français.

Il s’agit d’une véritable école de théâtre à la manière des écoles d’Europe ou des conservatoires de théâtre. Elle convient à tous ceux que tente l’aventure théâtrale en amateurs et qui sont prêts à s’investir à fond. L’exercice nécessite concentration, discipline, effort et assiduité, mais il est avant tout un plaisir.

Depuis ses débuts, La Comédie de Tanger est montée sur les planches à Paris, Narbonne, Namur, Cholet, Mont-Laurier, Montréal, Cavalaire, et au Maroc à Casablanca, Rabat, Tanger, Meknès, Tétouan… A chaque représentation, l’engouement du public est présent, et pour cause : les acteurs font rire car, comme son nom l’indique, c’est de comédie qu’il est question.  

La troupe a pour objectif, raisonnable, de présenter six pièces par an. Pas une mince affaire. La majorité des acteurs ont tous une vie professionnelle en parallèle et ne jouent qu’en amateurs, ce qui réduit forcément le temps consacré aux répétitions. Leur registre compte des pièces de grands auteurs, à l’image de Sacha Guitry dont ils ont interprété l’an passé Theâtre, je t’adore !, mais également des créations personnelles. Au fil des années, ils ont été plus d’une cinquantaine de comédiens à se succéder dans la troupe, dont une majorité de femmes.

À l’heure actuelle, l’atelier de théâtre qui compte 78 heures par an dispensées gratuitement, regroupe les comédiens deux fois par semaine pour les répétitions, qui ont lieu au sein de la fondation Lorin, situé au Petit Socco. Ces cours couvrent toutes les facettes du travail de l’acteur : l’entraînement physique, la voix, l’acteur et l’espace, l’acteur et sa relation au partenaire et enfin l’improvisation. Tout un programme.

Fondation Lorin, 44 rue Touahin, Médina

Inscriptions à fondationlorin@gmail.com

juin 19, 2016 / par / dans
Lotfi Akalay

“Tanger est probablement la seule ville au monde qui soit, en elle-même, un sujet de conversation.”

Tangérois de naissance, vous avez vu évoluer votre ville. La préférez-vous aujourd’hui ou avant ? Pourquoi ?

Je suis né à Tanger en 1943, dans une maison située à 20 mètres de la Légation américaine. J’aime Tanger éternelle. Et puis le centre n’a pas tellement changé, le centre de Tanger étant les Tangérois. Ils vivent au présent et sont fiers de leur passé, mais n’ont pas la réputation de ce soucier de l’avenir. Quant aux changements actuels, ce sont les générations à venir qui jugeront.

Vos écrits sont le plus souvent satiriques. D’où vous vient ce trait de caractère ?

De ma grand-mère. J’ai aussi son physique, j’ai la même tête. C’est elle qui m’a collé sa façon de parler. Mais contrairement à moi, elle avait toujours une cour autour d’elle.

Et d’où vous vient l’amour des mots ?

De mon père et de sa rigueur pour la langue française. Tous les jours, lorsque nous étions à table, il nous parlait des livres qu’il était en train de lire.

Quand et comment en êtes-vous venu à l’écriture ?

Disons par hasard. J’ai fait une licence en sciences économiques à Paris, avant de faire une maîtrise à Science Po. Une fois rentré à Tanger, j’ai débuté une carrière dans le tourisme et en agence de voyages. C’était sûrement la seule chose que je savais faire. Un jour, j’ai écrit une lettre à un magazine international, dont je ne me rappelle plus le nom, concernant un article sur Tanger. Puis ils m’ont répondu en me disant qu’ils allaient la publier, non pas dans le courrier des lecteurs, mais en tant qu’article. Par la suite, Jean-Louis Servan-Schreiber, directeur de l’hebdomadaire La Vie économique, m’a recruté. Il me comprenait et m’a ouvert un nouvel horizon.

Dans vos chroniques, quels sujets aimez-vous le plus traiter ?

Les sujets de société. J’aime bien faire tourner les Marocains en bourriques. Il y a en a deux sortes : les premiers, quand vous leur dites Maroc, ils se mettent au garde-à-vous ; tandis que les autres se couchent. Moi je reste assis sur ma chaise. Mais malgré mon franc parler, je n’ai jamais été censuré.

Écrivain ou directeur de l’agence de voyages Calypso, quelle casquette vous va le mieux ?

Écrivain. Parce qu’il y a une grande liberté. En tant que journaliste, on vous impose beaucoup. Par exemple, quand on vous dit 3 000 signes, il faut s’y tenir. L’agence de voyages, c’était ma routine.

Votre premier roman, Les Nuits d’Azed, paru en 1996, a connu un succès international avec une traduction en huit langues. Comment expliquez-vous cela ?

Je ne sais pas. Les gens ne s’attendaient pas à un livre traitant de l’érotisme vulgaire marocain. Un livre sur le Tanger dont on ne parle pas. Mes personnages, les filles, les voyoux… C’était mes Jean Genet à moi.

Dans votre livre Tanger, c’est Tanger, quel regard sur votre ville souhaitiez-vous partager ?

L’ouverture. Ici, tout le monde est le bienvenu.

Dans Le Mouton, la puce et les autres, votre dernier ouvrage, vous présentez la question animale au Maroc sous forme de dialogue. Pourquoi ce sujet et cette forme ?

J’utilise le dialogue parce que c’est pratique pour se mettre à la place d’un animal tout en restant un être humain. Comme les fables de La Fontaine, je fais dire aux animaux ce que je ne peux pas dire. Mais surtout, j’aime les animaux depuis toujours. Je le ressens comme un refus de l’environnement humain, sans vouloir tomber dans la psychanalyse. Quand j’écris, je me prends vraiment pour une puce, un chat ou un âne, même si l’âne, c’est un peu une vengeance. Mes frères aînés me disait souvent étant jeune que je disais des âneries. Alors en me mettant à la place d’un âne, je pouvais écrire mes aneries.

Parmi les personnages de votre livre, quel animal seriez-vous ?

J’aime bien la puce, parce qu’elle peut partir sans même crier gare.

juin 19, 2016 / par / dans
Hassan Hajjaj, le Andy Warhol marocain

Né à Larache en 1961, Hassan Hajjaj a quitté le Maroc pour Londres au début de son adolescence. Plongé dans une société multiculturelle, il grandit au sein d’un melting-pot qui lui apporte un regard nouveau sur le monde. Que ce soit par la musique avec le hip-hop ou le reggae des scènes londoniennes ou par les travaux du malien Malick Sidibé, sans oublier son héritage nord-africain, Hassan Hajjaj ne cache pas ses influences, bien au contraire. C’est un artiste versatile et autodidacte dont les oeuvres transcrivent le personnage.

Provenant d’un milieu modeste, il s’intéresse aux objets recyclés, matières immuables de ses travaux. À ses débuts, il se fait photographe pour ses amis designers, puis se met à créer quelques objets de mobilier à partir de rien. Aujourd’hui, ses récents travaux regroupent ces différents savoir-faire.

Un style unique

En 1984, Hassan Hajjaj entre dans le monde de l’art et de la mode en lançant sa propre marque de vêtements, RAP. Déjà maître dans l’art des portraits, il se plaît à prendre en photo ses amis, des artistes et des inconnus qu’il croise dans les rues de Marrakech. Il les habille de vêtements colorés qu’il a lui-même créés. Il combine le vocabulaire contemporain de la mode et du pop art et met en exergue avec humour les effets de la mondialisation et ses stéréotypes sur la société marocaine.

Un artiste international

Marocain de souche, londonien d’adoption, mais avant tout africain comme il se revendique, l’art de Hassan Hajjaj fait le tour du monde. Beaucoup comparent son art aux travaux d’Andy Warhol, avec pour preuve la redondance de produits de consommation courante marocains en guise de cadres. Mais au-delà des couleurs ou des prises de vues, l’essentiel dans son travail reste le message qu’il transmet. Cette vision contemporaine d’un monde capitaliste qui ne connaît aucune frontière.

avril 19, 2016 / par / dans

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