Artiste

Tanger Pocket : Saïd Hbicha

Né en 1964 à Ksar El Kbir, Saïd Hbicha expose pour la première fois depuis 9 ans. Il a occupé la dernière décennie à répondre aux nombreuses commandes du Palais Royal, ainsi que celles de hauts dignitaires. Il présente pour la première fois ses créations personnelles, mettant en lumière les couleurs du Nord du Maroc.

Comment avez-vous été découvert par Sa Majesté Mohammed VI ?
SAR Mohammed Vi a reçu en cadeau un de mes tableaux, de la part d’un général. Il a apprécié le style de l’oeuvre, et par la suite j’ai été invité à réaliser des commandes pour le Palais et les bureaux de la Garde Royal. J’ai peint les sept portes de la médina de Tétouan ainsi que plusieurs tableaux commémoratifs.

L’avez-vous déjà rencontré ?
J’ai eu ce privilège et cet honneur le 31 mars 2009.

À quel style appartenez-vous ?
Je suis un peintre impressionniste.

Avec quoi peignez-vous ?
Je peins uniquement à l’huile. Principalement avec mes pinceaux, mais il m’arrive d’utiliser des couteaux ou une éponge, mes mains ou tout ce qui se trouve à côté de moi.

 

 

Quand vous êtes vous mis à peindre ?
Je me suis découvert une passion très jeune. Dès l’âge de 5 ans, à l’école de Ksar el Kbir, où je faisais les ornements de tableaux coraniques. Puis, j’ai intégré la première génération d’étudiants au lycée des Arts Plastiques de Tanger, en 1982. Le Bac en poche, je pars pour Amien, en France, à l’université. J’y ai fait un an et suis rentré en vacances à Tanger. J’ai rencontré mon épouse qui entamait un cursus pour devenir professeur d’art plastique. J’ai fait le choix de rester avec elle et de faire les même études. J’ai obtenu mon diplôme et suis devenu prof au lycée à Tétouan. J’ai aimé cette ville et y ai trouvé l’ébullition artistique que je cherchais. J’ai fait ma première expo officielle en 1989, à la Galerie Bertucci, aujourd’hui nommée Mekki Megara. J’y ai rencontré beaucoup d’artistes locaux de grande renommée qui m’ont encouragé et avec qui je me suis lié d’amitié.

Qu’aimez vous peindre ?
J’aime peindre le quotidien, le chaos organisé du souk, les quartiers populaires et anciens. Je peins des paysages vivants. Généralement, je prends une photo qui m’inspire dans ma création une fois à l’atelier, mais il m’arrive de prendre mon chevalet et mes crayons de m’installer sur place.

Qu’est ce que l’intérêt de SAR Mohammed VI a changé pour vous ?
Après avoir reçu mes premières commandes pour le palais, j’ai été propulsé dans une telle notoriété, qu’à certaines périodes, j’avais du mal à honorer toutes les commandes à temps.

Qu’exposez vous actuellement à la Médina Art Gallery ?
J’ai réalisé tellement de commandes personnalisées, qu’il fallait que j’expose mon véritable style. Impressionnisme et clairs obscurs. L’ombre et la lumière, au service des couleurs des paysages vivants du Rif.


mai 24, 2019 / par / dans
Tanger Pocket : Zoubeir Ben Bouchta Dramaturge

Zoubeir-Benbouchta-2544-364x245Où êtes vous né ?

Je suis né en 1964 à Tanger et j’ai grandi dans le quartier de Mssalah.

Qu’est ce qui vous a conduit dans l’univers artistique ?

Je suis autodidacte. J’ai fait mes études au collège IBN Battouta. J’ai ressenti très jeune l’appel de l’art. À l’époque, il n’y avait pas d’école de cinéma ou de théâtre, et la ville ne faisait pas vivre le théâtre comme aujourd’hui. J’ai rencontré la bande à Paul Bowles au début des années 80, grâce à mon rôle d’assistant du cinéaste Moumen Smihi, lors de son adaptation du roman “The Big Mirror” de Mohammed Mrabet, transcrit par Paul Bowles. J’avais pour rôle de passer les messages entre Bowles et les réalisateurs, puisque Paul se refusait à avoir un téléphone ou un fax. De là je       côtoyais lui et ses amis.

Comment vous êtes vous mis à écrire ?

Vers la fin de mon adolescence, j’ai d’abord écrit des chansons pour un groupe que j’avais formé avec des amis « Achbel », Les Lionceaux. Puis j’ai écrit des articles et des critiques d’art pour des magazines marocains et arabes. Ce n’est que plus tard que je me suis mis à l’écriture théâtrale. Ma première pièce s’intitulait “La folie des inondations” mais je l’ai égarée au fil des déménagements. Elle a été répétée par les acteurs, mais jamais représentée, puisqu’en 1987, j’ai reçu une bourse pour faire un stage d’un mois à la Maison de la Culture du Monde à Paris. Cela a été pour moi un véritable choc culturel, qui m’a fait tout remettre en question. J’ai découvert une nouvelle voix de la création et de la pratique culturelle.

À mon retour, j’ai tout recommencé à zéro, et c’est à partir de là que j’ai intégré le cinéma auprès de Moumen Smihi, lors du tournage de “Caftan d’Amour”. Dans les années qui suivirent, j’ai entamé l’écriture de “La valise”, parue en 1999. C’est une pièce sur l’exil. Elle a été jouée par plus d’une trentaine de troupes amateurs en moins de deux ans. J’ai reçu un prix de L’union des Jeunes Écrivains du Maroc pour ce texte. Cela m’a permis de marquer un pas dans ma carrière d’écrivain et de

me révéler au public. J’ai ensuite enchaîné les stages et les formations dans l’écriture et le cinéma.

Quelle type de pièces écrivez-vous ?

J’écris pour le théâtre contemporain, en arabe classique ou darija, en m’efforçant de faire bouger les lignes classiques de la dramaturgie. J’essaye de créer des textes “troués”, pour laisser la place à la sensibilité de l’acteur ou du metteur en scène.

Que représente Tanger dans votre oeuvre ?

C’est le fil conducteur. Depuis 2000, elle occupe une place très importante, surtout depuis la parution de la trilogie Hôtel Tanjah, composée de “Ya Mouja Ghani” (Ô vague chante) en 2000 suivie de “Lalla Jmila” en 2004 et “Rue Shakespeare” en 2006. “Lalla Jmila” a même reçu le prix du texte au Festival de Théâtre de Meknès en 2004.

Dernièrement, Saïd Benjelloun, professeur à l’Université Jean Jaurès de Toulouse a traduit ce texte en français, c’est une première pour moi. Intitulé “Le Rocher des Filles”, cet ouvrage, paru aux éditions PUM, a choisi de célébrer la Journée Mondiale de la Femme au sein de l’Université. La compagnie Section arabe, composée d’étudiants, donnera une lecture en deux langues. Ce livre est basé sur la rencontre de deux demi- soeurs, l’une qui a vécu dans une société patriarcale, et l’autre issue d’une génération fondée sur l’espoir de voir la condition de la femme se libérer au sein de la communauté arabo-musulmane.


mai 24, 2019 / par / dans
Tanger Pocket : Fatine Garti

Née en janvier 1993 à Tanger, Fatine Garti est l’enfant prodigue de la musique andalouse. Elle a été bercée par ses rythmes dès son jeune âge, et a hérité cet art de ses arrières grands-parents maternels, musicologues et musiciens (Hajj Driss Benjelloun Touimy et Hajj Mokhtar Khairouni) et de ses parents, tout deux professeurs d’arts plastiques et grands amateurs de musique. Elle débute le violon, le solfège et la musique andalouse ‘al-âla’ à l’âge de 7 ans au conservatoire national de Tanger.
Violon soliste de l’ensemble Arij de Tanger, elle donne de nombreux concerts et participe à plusieurs festivals nationaux et internationaux.
Elle obtient à 17 ans son baccalauréat scientifique à Tanger en même temps que son diplôme au concours national de violon classique à Rabat et rejoint ensuite l’Université Paris-Sorbonne pour y poursuivre des études en musicologie. Violoniste au sein du COSU (Choeur et Orchestre de Sorbonne-Université) dès sa première année de licence, elle participé avec eux à plusieurs concerts en France et à des tournées à l’étranger. Fatine poursuit actuellement ses études en master dans le domaine de la recherche musicologique et participe parallèlement à plusieurs projets musicaux
avec l’« Ensemble Kwîtra » de musique maghrébo-andalouse dirigé par Redha Benabdallah et l’Ensemble « Ay Lali » de musique traditionnelle marocaine et judéo- espagnole dirigé par Françoise Atlan. Elle est actuellement professeure de musique andalouse au conservatoire de Roubaix en France.
Musicienne complète
Malgré son jeune âge, elle a donné de nombreuses représentations à travers le monde, comme au Festival des Alyzées à Essaouira, avec l’Orchestre Philharmonique du Maroc, à Paris avec Le Choeur
et Orchestre de Sorbonne-Université, au Festival international du Malouf avec l’ensemble « Arij », au Festival « les nuits du Ramadan » à Genève, Suisse… en plus d’autres concerts au Luxembourg, en Algérie, aux Pays-Bas, au Portugal, en Espagne.
Artiste internationale

 

Tanger Pocket est un Magazine qui regroupe l’Agenda des événements, festivals, spectacles, expositions, loisirs, et bons plans au Nord du Maroc. Le city-guide Tanger Pocket est le seul magazine qui regroupe chaque mois l’agenda des événements, festivals, spectacles, expositions, conférences, débats, loisirs, au Nord du Maroc. Ce city-guide propose également une sélection de bons plans et de nombreuses adresses à découvrir. Distribué gratuitement dans plus de 650 établissements publics et privés du Nord du Maroc, il est dans les poches de tous les touristes et tangérois qui aiment la culture. Ce magazine mensuel gratuit est paru pour la première fois en Décembre 2007. Il regroupe l’agenda des événements initiés par différents acteurs socio-culturels de la ville. En plus de son agenda, il met en avant différents lieux de la ville pour permettre aux visiteurs de passage, comme aux tangérois, de découvrir la ville sous un angle nouveau.

 


mai 24, 2019 / par / dans
Tanger Pocket : Ilias Selfati

Diplômé des beaux-arts de Tétouan en 1990, puis de ceux de mMdrid en 1994, il a passé près de 20 ans en terre ibérique avant de traverser l’Atlantique pour trouver un pied à terre à New-York, puis Los Angeles. Aujourd’hui, Ilias Selfati vit entre Tanger, New-York et Paris.

1 – Quelles sont vos origines ?

Marocaines, tangéroises… Mon père est marocain mais de Ceuta. Il m’a très jeune ouvert les portes d’un milieu hispanophone et européanisé.

2 – Votre enfance en 3 mots ?

Innocense, Tanger, mélancolie… Il y en aurait d’autres, mais c’est mieux de rester simple.

3 – Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir artiste ?

Ma rencontre avec Khalil Lghib, à l’âge de 12 ans. Il a vu en moi quelque chose… et m’a accompagné durant mes débuts. Il était professeur dans un lycée de Tanger, mais c’est surtout un des grands artistes marocains, d’une sagesse et d’une sensibilité qui ne sont pas conventionnelles.

4 – Définissez l’ “ART” en quelques mots

Être civilisé.

5 – Définissez “ VOTRE ART” en quelques mots

Le noir… (c’est à dire ?) Le dessin, le crayon… Remplir une surface blanche. Une métamorphose. Si il fallait nommer mon style, je pense que je rentrerais dans ce qu’on appelle la Nouvelle Narrative.

6 – Quelles sont vos techniques de peinture ?

Techniques mixtes… J’utilise toutes les surfaces, toutes les techniques, ce qui m’importe c’est le résultat. La peinture, c’est comme la cuisine, ce sont des recherches, mais parfois aussi des accidents, qui mènent au résultat.

7 – Quelles sont vos inspirations artistiques actuelles? Vos influences?

Depuis 2008, je travaille sur des sujets d’actualité. Guerre, souffrance humaine, torture, arrestation… Mes influences sont surtout liées à une documentation. Disons que je suis un peu influencé par Goya, qui travaillait sur les massacres de son époque, mais également par certains journalistes qui font un travail remarquable.

8 – Si vous deviez abandonner la peinture, quelle serait votre reconversion ?

Peut-être en cuisine… Oui, maintenant que j’y réfléchis, je serais sûrement cuisinier parce que j’adore ce métier pour lequel j’ai un profond respect.

9 – Quelle est l’oeuvre qui vous représente le plus ?

Gernica, de Pablo Picasso. Et parmi mes toiles, la série Forest, réalisée entre 1997 et 1998. Il y avait une certaine fraîcheur. C’est cette série qui m’a donné le courage de prendre plus de risques dans ma carrière.

10 – Présentez-nous votre projet estival à Tanger ?

Il y a 4 ans que je n’ai pas exposé à Tanger. C’est un ensemble d’oeuvres que j’ai fait entre 2008 et aujourd’hui, et pour certaines, déjà exposées à Paris, Casa, au Portugal, en Italie… Mais également d’autres encore jamais dévoilées. C’est une expo d’actualité sur le temps de la furie. Ça va de Charlie Hebdo à la Tunisie ou la Syrie, en passant par le crash de l’avion causé par un pilote, soit disant dépressif, mais que je considère plus comme un terroriste. J’ai choisi d’exposer dans de nombreux espaces différents à la fois, galeries, librairies, restaurants, pour ne pas faire de l’art élitiste et pour que les gens puissent avoir la chance de découvrir mon travail par volonté ou par accident.


mai 24, 2019 / par / dans
Tanger Pocket : Nadia Alami

Quelles sont vos origines ?

Je suis originaire de Casablanca, quartier Anfa. J’ai étudié en primaire à Georges Bizet, puis ensuite à Paul Valery de Meknes, pour finir à Tanger où j’ai eu mon Bac. Mes parents ont déménagé à Tanger pour suivre mon grand-père qui avait monté trois industries à Tanger. C’était un précurseur. Au lycée, j’ai rencontré mon mari, puis je suis partie étudier l’optique à Bruxelles, et à mon retour, nous nous sommes mariés en 1986. Suite à quoi, j’ai ouvert mon magasin.

Comment êtes-vous arrivée dans le cinéma ?

Déjà toute petite, j’imitais toute ma famille et les faisais beaucoup rire. Et à l’école, je ne manquais jamais un atelier théâtre. En troisième, à Paul Valery, ils ont monté Macbeth, mais il leur manquait un acteur pour jouer le rôle de Malcolm. Et comme j’avais une grosse voix, ils m’ont déguisée en garçon. Ça a été ma première représentation face à un public et c’était une totale réussite. Avant que je n’aie mes deux enfants, je m’ennuyais beaucoup à Tanger, la seule activité étant d’aller voir des films indiens au cinéma. À 22 ans, j’ai lu dans le journal, qu’une troupe de théâtre faisait un casting pour une pièce de Pagnol. Mais mon mari n’a pas voulu que j’y participe, se justifiant en disant que nous faisions partie des notables de la ville. Et il m’a clairement dit “Je vais te faire un enfant, comme ça, en plus de l’optique, tu ne t’ennuieras plus”. Donc, j’ai eu ma fille en 1988, puis mon fils en 1992. Une fois tous deux entrés dans l’adolescence, l’ennui est revenu. En 1999, j’ai appris que Philippe Lorin montait une troupe de théâtre, La Comédie de Tanger, que j’ai intégré. J’ai joué “C’est une femme du monde” de Feydeau. Et lors de la première, on m’a dit que celui qui se plier le plus de rire dans le public, c’était mon mari. Son rire m’a libérée du trac. Dès lors, on a fait des petites tournées et quelques saynètes. Pour ma dernière représentation, j’interprétais un monologue de Sacha Guitry. Ma performance plutôt réussie, a conduit la réalisatrice Farida Belyazid à me proposer deux rôles dans un même téléfilm pour 2M, intitulé “Nya Taghleb» avec Rachid El Ouali. Je jouais deux soeurs jumelles, diamétralement opposées.

À partir de là, des réalisateurs se sont mis à contacter Farida pour lui demander où elle avait déniché cette brin de femme dynamique à la grosse voix. Suite à quoi, je me suis retrouvée invitée à des festivals de cinéma et j’ai eu plusieurs rôles dans des téléfilms, jusqu’à ce qu’un jour, Rachid El Ouali et Latifa Harare me proposent de revenir au théâtre pour jouer “Les caprices de Mariane», dont le premier rôle était joué par Latifa. C’était ma première représentation théâtrale en tant que professionnelle. De fil en aiguille, je suis devenue amie avec Samia Akariou qui m’a demandé si je ne voulais pas remplacer une comédienne qui venait de quitter sa troupe féminine “Takoon”. Elles étaient en train d’adapter, en darija du Nord, la pièce “La Casa de Bernarda de Lorca», qui était traduite par “Bnat Lalla Mennana”.

On a joué cette pièce pendant huit ans dans tout le Maghreb et en Europe. On a eu un succès phénoménal, les journaux nous adoraient. Une comédie dramatique, mêlant humour et même danse, qui n’hésitait pas à mettre les pieds dans le plat, dénonçant les coutumes conservatrices et la place de la femme au Maroc.

En 2012, j’ai arrêté et ils m’ont remplacée pour continuer de jouer. Un an après, on a été contactés par Yassine Fennane, qui voulait monter la pièce en trente épisodes pour une série du Ramadan, diffusée sur 2M. L’audience était tellement haute, que la chaîne continue encore aujourd’hui de la passer.

 

Quels sont vos projets ?

J’aimerais concrétiser et monter mon One Woman Show. Je m’y suis mise en 2012, mais avec le mariage, puis la grossesse de ma fille, j’ai dû mettre l’écriture en pause. Mais ça va reprendre très prochainement.

Nadia Alami, Comédienne ou opticienne ?

Euh… Nadia, opticienne. Maria, comédienne. Depuis que j’ai interprété le rôle de Maria dans le téléfilm, tout le monde m’appelle ainsi dans la rue.

Quel est votre secret de beauté ?

J’aime la vie et je remercie Dieu chaque jour pour ce qu’il me donne. Ensuite, je ne m’arrête pas, je suis une vraie pile alcaline comme disent mes amis. En même temps, j’adore aller vers les humains, faire du caritatif et donner de ma personne. Je suis heureuse quand je vois les gens sourire.

 


mai 24, 2019 / par / dans
Tanger Pocket : Hamid El Hadri

8 ans après votre passage à l’émission TV Star Academy Maghreb,que retenez-vous ?

Que des belles choses… malgré quelques problèmes, j’aime voir le verre à moitié plein. J’ai rencontré beaucoup d’artistes et partagé la scène avec de grandes stars. Et surtout, j’y ai gagné en notoriété, mais j’ai aussi appris du point de vue humain, car j’ai construit une relation de fraternité avec les 13 candidats que réunissait le Maghreb.

Où avez-vous déjà joué ?

Jusqu’à maintenant, j’ai joué en France, Espagne, Hollande, Norvège, Italie, aux USA (à Seatle), en Algérie et Tunisie…

Originaire de Chefchaouen, vous venez de participer au Festival Alegria.

 

Comment cela s’est-il déroulé ?

Chaouen, c’est ma ville natale, et je la défendrai toute ma vie. Allegria est un festival qu’on a perdu durant quelques années, mais qui revient en force. J’estime que c’est une chance pour tous les artistes que d’y jouer, et surtout dans cette si belle ville. Ma participation, cette année, était vraiment spéciale, parce que je partageais la scène avec mon groupe Mazagan et avec l’artiste espagnol José El Frances, mais aussi parce que je jouais pour les gens de ma ville, devant ma famille, mes frères et soeurs et mes amis.

Mazagan, un chemin vers la gloire ?

En 2006, alors que je n’étais absolument pas connu, Mazagan m’avait invité à chanter en tant que guest “chaouani” sur la Place Outa Hammam de Chaouen, et pour moi, c’était l’accomplissement d’un rêve. Par la suite, on est devenu très amis et ils m’ont invité à jouer sur d’autres scènes, comme au Sénégal par exemple. Après le départ de l’ancien leader du groupe, ils m’ont invité à collaborer avec eux parce que je connaissais tout leur répertoire et parce que nous avions noué de très forts liens d’amitié. L’aventure a commencé en 2014, et jusqu’à maintenant, on a fait plus de 20 festivals et on en est à notre troisième single ensemble, avec la sortie d’une album à l’horizon 2016. La gloire, je ne sais pas… Mais artistiquement et humainement, on est tous vraiment épanouis, et c’est en quelque sorte une gloire personnelle.

Aujourd’hui, votre carrière est a son apogée, quelles sont les raisons de ce succès ?

À mon sens, deux choses : Le talent et le travail. J’aime travailler et je ne laisse jamais tomber, je vais jusqu’au bout. Mais c’est sans oublier toutes les personnes qui m’ont soutenu, que ce soit la famille, les amis, le public ou les relations professionnelles du domaine.

Votre musique est fraîche, pop et débordante de bonne humeur.

D’où vient votre inspiration ?

Elle vient surtout de mon humeur, de mes fréquentations et des lieux où je vais. Mais l’endroit que je préfère pour m’inspirer, c’est face à la mer. C’est ce qu’il y a de plus beau à mes yeux.

Vous interprétez un peu tous les styles musicaux, mais lequel vous définit le mieux ?

Maintenant, il y a deux styles. Celui de Mazagan, et celui de Hamid. Mais les deux convergent vers un style, disons, méditerranéen, mélangeant la musique traditionnelle marocaine au flamenco espagnol, au ray ou au chaabi algérien. Des instruments turcs ou grecs, avec des mélodies orientales ou occidentales sur des rythmes du monde entier. Tout ça mélangé, donne un style dynamique que je qualifierais de “pop traditionnelle méditerranéenne”.

Quels sont vos projets musicaux ?

On travaille actuellement sur un duo avec le chanteur et guitariste Jose El Frances, sur une de ses chansons “Fuera de mi». Un tube international qui s’est vendu en plusieurs millions d’exemplaires. Dans la chanson, on fait se rencontrer trois cultures : Espagnole, marocaine et amazigh. Sortie prévue en Novembre prochain.

Enfin, la question que tout le monde se pose…

Depuis combien de temps laissez-vous pousser cette barbe ?

Avant j’avais laissé pousser ma barbe pendant 6 mois. Mais pour ma participation au feuilleton “1001 nuits» diffusé sur Medi1 TV, j’ai du la coupé, mais maintenant, je la laisse repousser, parce que j’adore la barbe. Mais j’en profite pour passer un message : Ma barbe n’est synonyme de rien, si ce n’est de liberté.


mai 24, 2019 / par / dans
Tanger Pocket : Festival Nuits Sonores Tanger

Quand a été créé Arty Farty ? Par qui ? Dans quel but ?

L’association Arty Farty a été créée en 1999 à Lyon par Violaine Didier et Fred Joly, qui sont toujours dans l’équipe, respectivement responsable des programmes et administratrice générale, ainsi que Cécile Chaffard.

L’objectif de l’association a été, dès le départ, de valoriser les cultures innovantes et indépendantes, et notamment les musiques électroniques, la culture numérique, la création visuelle, toutes les scènes indépendantes (rock, hip-hop…). En 2002, nous avons élargi le cercle d’Arty Farty pour écrire le projet de Nuits sonores et lancer le festival en mai 2003. Depuis, l’association a pris une dimension beaucoup plus importante, internationale. Elle est active dans de nombreux domaines et est notamment à l’origine de projets comme Le Sucre à Lyon, le forum European Lab, le projet européen We Are Europe, l’incubateur d’entreprises Hôtel 71, l’agence de booking AKA. Elle intervient également dans le conseil artistique (pour la Gaîté Lyrique à Paris…) ou le management (pour Laurent Garnier par exemple).
Combien de membres compte aujourd’hui l’association ?

Environ 900 membres. L’association compte également 21 salariés à temps plein, un conseil d’administration de 12 membres et un bureau de 4 personnes, qui réfléchit en étroite collaboration avec moi-même et les cadres au futur de la structure et à sa stratégie d’ensemble.
Quels événements avez-vous organisés en premier en France ?

Le festival Arty Farty en 2002, devenu Nuits sonores en 2003. Puis les Echos sonores à partir de 2004 (il y en a eu 100 dans 12 lieux différents entre 2004 et 2011).
Combien de spectateurs regroupe Nuits Sonores en France ?

Le festival Nuits sonores a regroupé 130 000 spectateurs en 2014 et autant en 2015. Il semblerait que ce soit la fréquentation stabilisée de l’événement !
Quels événements avez-vous organisés à l’international ?

Nous sommes allés dans une vingtaine de villes du monde entier, mais toujours avec la volonté de faire un événement unique et sans intention de le pérenniser. Nous avons, par exemple, produit des événements en Chine, en Suisse, au Japon, en Espagne, en Allemagne, en Grèce…  Nous serons à Séoul en Corée du Sud fin 2016. Nuits sonores Tanger est le premier événement international, en dehors de Lyon donc, que nous avons envisagé d’emblée comme un événement récurent, avec la volonté de construire une histoire dans la durée.
Qui vous aide à financer tous ces projets ?
Nous avons deux structures. Arty Farty est auto-financée à 83% grâce à ses spectateurs (de Nuits sonores, de European Lab…) et à ses partenaires privés. Nous avons donc 17% de financements publics qui viennent de la Ville et la Métropole de Lyon, de la Région Rhône-Alpes, du Ministère de la Culture et de l’Union Européenne. Culture Next, qui gère Le Sucre, est auto-financée à 100% et n’a donc pas de financement public.

Nuits sonores Tanger est financé avant tout par Arty Farty, c’est-à-dire par nous-mêmes. Et nous avons des partenaires publics (par exemple l’Institut Français ou la Région-Rhône-Alpes) et privés (Renault, le groupe BEL par exemple). Nous n’avons pas de financement des spectateurs puisque le festival est entièrement gratuit, ce qui est un élément essentiel de son ADN.
Pourquoi avoir choisi Tanger pour Nuits Sonores ?

Parce que c’est une ville merveilleuse dont nous sommes collectivement tombés amoureux, et,à travers elle, nous sommes tombés sous le charme de ses ruelles, de son patrimoine, de son atmosphère, de ses parfums, de ses bruits… et surtout de sa population et de sa jeunesse avec laquelle nous adorons, plus que tout, partager cet événement. Tant que la population de Tanger aura envie que ce festival ait lieu, nous serons là.
Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Nous allons créer un incubateur d’entreprises culturelles à Lyon (il ouvrira en janvier 2017), lancer notre projet We Are Europe (en décembre prochain), inaugurer un nouveau forum European Lab à Paris… Plein de beaux projets ! Mais notre projet de coeur, celui de toute l’équipe, c’est clairement Nuits sonores Tanger.


mai 24, 2019 / par / dans
Tanger Pocket : Mouad Aboulhana

D’où venez-vous ?
Je suis né à Tanger, à Merchane.

Quel est votre parcours ?
J’ai commencé par faire un bac en arts appliqués au lycée Moulay-Youssef, ensuite j’ai choisi de m’orienter vers l’enseignement plutôt que les beaux-arts. Ça m’a permis de financer mes expériences… Une fois que j’ai obtenu mon diplôme, j’ai enseigné 6 ans à Guercif, dans la région de Taza. Cela ne fait que quelques mois que je suis de retour chez moi, dans ma ville natale. J’enseigne depuis la rentrée dernière au collège Idriss II, à Drissia. Cela me permet de vivre avec la sécurité de l’emploi tout en restant dans l’univers artistique, avec, en plus, beaucoup de temps libre.

Quand êtes-vous tombé dans le street art ?
Depuis l’âge de 16 ans, quand j’ai commencé mes études au lycée. J’ai rencontré beaucoup de personnes avec qui j’ai pu échanger sur des notions abstraites et concrètes, liées à l’art et à la société marocaine. Cela m’a permis, mais surtout pousser à faire des recherches dans l’art classique et contemporain. J’ai eu la chance d’être formé par de grands artistes, tels que Abdelbassit Ben Dahman et Ahmed El Barrak ou encore Ahmed Azzouz… mes recherches m’ont mené à faire beaucoup de reproductions de peintures de grands artistes mais c’est lorsque j’ai approché la vingtaine que je me suis vraiment retrouvé dans le street art.

Qu’est-ce qui vous plaît dans le street art ?
C’est un art qui permet d’offrir gratuitement son travail au regard de tous et qui utilise une technique libre que personne ne peut critiquer.

Quelle technique utilisez-vous ? Pour le street art, j’utilise beaucoup le pochoir. Des créations que je découpe à la main et que je reproduis en séries limitées ou dans différents lieux.
Tarbouche Kid a été mon premier pochoir à succès. Il est même devenu ma signature en quelque sorte. Mais je fais aussi de la peinture à l’huile, dans un autre style, même si cela reste clairement sous l’influence pop art. Mais je ne pense pas pouvoir dire que j’utilise une technique précise, j’expérimente librement.

Qu’est-ce qui vous inspire ?
J’aime rendre de la couleur à la La Vie marocaine, l’embellir et lui rendre sa jovialité.

Tanger street art ?
Tanger street art, c’est un festival qu’on a lancé en été 2012. À sa création, ce festival est arrivé en terre vierge à Tanger. C’est un évènement qui me représentait beaucoup par son style. J’ai contacté tous les artistes de l’univers que je connaissais, pour leur demander de participer à l’événement. Mexique, USA, Europe et Maroc, tous ont répondu présents. L’idée était que chaque artiste puisse marquer un mur et ainsi laisser une trace visible du festival. Pour la troisième édition, grâce au soutien de Tabadoul, nous avions décoré entièrement l’escalier espagnol.

Est-ce que ça vend le street art?
Mon but c’est surtout de diffuser, de partager. À un moment, j’ai essayé d’imprimer sur des t-shirts, ça a plutôt bien marché, mais je me suis rendu compte que c’était beaucoup de gestion et je suis plus artiste que commerçant. J’ai aussi fait un travail d’art digital que j’essaie de vendre à petits prix sous forme d’affiches.
Mais j’ai déjà fait pas mal d’expositions à Rabat, Marrakech, et à Tanger bien sûr, à la Librairie les insolites, pour la première fois. Je suis en train de préparer une exposition de mes derniers travaux, mon Maroc en couleurs, réalisés en technique mixte. Le lieu reste à définir.


mai 24, 2019 / par / dans
Tanger Pocket : Abdelfettah Bellali

D’où venez-vous ?

Je suis né à Marrakech mais je suis installé à Tanger depuis quelques années.

Quel est votre parcours ?

J’ai géré plusieurs sociétés, et actuellement j’enseigne également l’informatique et les arts plastiques dans une école à Tanger. Mais je suis un autodidacte passionné par l’art plastique de manière générale, et qui exerce en tant qu’artiste professionnel depuis 2004.

Quel type d’art ?

Je suis plasticien, je fais de la peinture, de la sculpture et de la calligraphie artistique. Mais depuis environ 7 ans, je consacre mes recherches à l’art rupestre et sa symbolique. C’est un art en héritage, laissé par les premiers hommes. La recherche de ces symboles, leur signification, et le langage qu’ils véhiculent sont à la base de tout ce que nous connaissons aujourd’hui. D’ailleurs, mes recherches ont aiguisé l’intérêt de nombreux chercheurs et médias du monde arabe.

En quoi consiste vos recherches ?

Mes recherches sont vastes. Actuellement, dans mon petit atelier de Borj Hajoui à Tanger, je travaille sur les couleurs, la provenance des pigments, leur composition à base de plantes et d’autres matières naturelles, se rapprochant le plus possible de l’art rupestre primitif et des techniques utilisées pour sa production. Mais j’ai également visité beaucoup de sites archéologiques au Maroc, que ce soit dans la région de l’Oukaïmeden ou vers Tata, ce sont de véritables musées à ciel ouvert que je me suis efforcé d’immortaliser en photo. Je les ai par la suite longuement étudiés, apprenant les symboles et cherchant leurs significations dans les langues mortes ou bien auprès de chercheurs, archéologues et spécialistes. Mon travail d’apprentissage suit le cours chronologique de l’évolution de l’écriture. Si au début, je me suis principalement concentré sur les formes élémentaires, plus représentatives, telles que les animaux ou les flèches des armes qui ornent certaines cavernes ou des rochers immortels du Maroc… je me suis ensuite dirigé vers les hiéroglyphes égyptiens, le phénicien ou le sumérien. Aujourd’hui tous ces symboles sortent de leur oubli et composent mon alphabet artistique et se retrouve sur chacune de mes oeuvres.

Qu’est ce que le SIACT ?

C’est le Salon International d’Art Contemporain à Tanger, que j’ai organisé pour la première fois l’an passé et dont la prochaine édition se tiendra du 8 au 10 septembre 2018. J’ai voulu créer un événement auquel je pourrais inviter tous les artistes qui ont croisé mon chemin, et ainsi apporter une nouvelle dynamique culturelle et artistique au Nord du Maroc. Cet événement présente différentes expositions de peintures, photos, sculptures ainsi que des installations et des projections vidéos. Nous organisons aussi des tables rondes et plusieurs ateliers. La première édition a vu la participation de 72 intervenants venant du Maroc, Chine, France, Espagne, Belgique, Allemagne, Égypte, Congo. Nous avons largement accueilli plus de 1000 visiteurs à la galerie Mohamed Drissi et à Borj al-Hajoui, lieux où se tenait l’événement.


mai 24, 2019 / par / dans
Tanger Pocket : Mohamed Jaamati

D’où venez-vous ?

Je suis né à Tétouan en 1961.

Quel est votre parcours ?

J’ai débuté mes études à Martil, puis Tétouan avant de partir pour Fès, où j’ai obtenu mon Bac Section des Arts Appliqués, en 1975. De là, je suis parti au centre pédagogique régional pour devenir professeur au collège, puis une formation à l’école Normale Supérieure de Rabat, m’a permis de devenir Professeur titulaire au secondaire. Je suis resté en poste durant 5 ans, avant de devenir inspecteur pédagogique des arts plastiques au niveau national. J’ai pris ma retraite anticipé l’an passé pour me consacrer pleinement à la création, à mon art.

Vous avez votre propre galerie d’art à Tétouan ?

Oui, au quartier de la Wilaya. C’est l’Atelier Jaamati -ainsi nommé bien que j’aie un autre local qui me sert d’atelier de création-. J’y expose exclusivement mes œuvres. J’estime que c’est une solution idéale pour tout artiste qui souhaite exposer son travail de façon permanente, sans avoir à subir un refus de galeristes, bien que je n’aie rien contre eux, soit dit en passant.

Quelle est votre spécialité ?

Tout le monde me connaît en tant d’aquarelliste surtout, mais je fais aussi de l’acrylique ou de la peinture à l’huile. Je m’adonne également à la gravure au sein de mon atelier, où j’ai investi dans une très ancienne machine.

Et la caricature dans tout ça ?

C’est une vocation que je suis depuis les années 1970. J’en ferai peut être un livre, un jour, qui les regroupera toutes, même s’il m’arrive parfois d’aborder des thématiques un peu sensibles et de les traiter de façon assez dure. Cependant, je ne m’implique que dans des sujets dans lesquels j’estime avoir des certitudes. L’artiste se doit de faire une réelle recherche intellectuelle et non pas simplement distraire en visant le populisme.

Quels sujets traitez vous ?

Chaque style ou technique à ses propres sujets. Pour la caricature, je m’inspire de l’actualité, armé de mon carnet et de mon stylo ; alors que pour la peinture, je prends mon chevalet et mes pinceaux et je pars à la recherche de nouveaux paysages naturels, que ce soit sur une plage ou au milieu d’un champ. J’aime aussi peindre la ville, les cafés et tous ses paysages urbains grouillant de vie.

Que présentez-vous en Octobre à la Medina Art Gallery ?

Ce sera une exposition majoritairement composée d’aquarelles, traitant de différents thèmes.


mai 24, 2019 / par / dans

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