Adresse d’un autre siècle

York Castle : Monument intemporel

Visible à des kilomètres au large de Tanger, cet édifice architectural est un témoin de l’histoire de Tanger. Véritable pan de muraille surplombant une falaise abrupte, affrontant quotidiennement les vents du Détroit, la structure qui menaçait de s’effondrer il y a peu de temps, est en cours de réhabilitation. Mais ce n’est pas une première…

Il y a quelques siècles…

Si les premières murailles de Tingis, la romaine, datent de -146 avant J.C., c’est sous occupation portugaise et espagnole, entre 1471 et 1661 que furent bâties les remparts de la Kasbah sur le tracé actuel. Le château mauresque dont l’angle de vue, dit-on, donne de Gibraltar à Trafalgar, date de la fin du XV° siècle.

En 1661, le roi d’Angleterre Charles II épouse la princesse portugaise Catherine de Bragance ce qui met fin au conflit entre les deux nations. Un traité de paix est signé par lequel la ville de Tanger et l’île de Bombay en Inde, passent aux mains des Anglais.

Cette période est marquée par une guerre d’usure qui durera jusqu’en 1684 avant que les envahisseurs ne décident d’eux-même de partir. En place à Tanger, les anglais construisirent le château et renforcèrent le port et les murailles pour parer aux attaques de ses nombreux ennemis. Car durant cette période, les anglais étaient sur de nombreux fronts de bataille. En 1664, de l’autre côté de l’Atlantique, alors que les combats font rage au Maroc, ils s’emparent de la colonie hollandaise de Nouvelle-Néerlande et de son port principal, Nouvelle-Amsterdam. Le Roi Charles II accorda ces territoires américains à son frère Jacques d’York. En son honneur, ils furent respectivement renommés province et ville de New York. Le nom de York Castle a été attribué de la même façon en l’honneur du Duc d’York, le futur roi Jacques II.

Il y a quelques décennies…

Dans les années soixante, sous son habit médiévale, la demeure seigneuriale, s’organisait autour d’un patio à ciel ouvert carrelé de céramiques de Fès. Cette structure a été mise à jour et transformée par les designers renommés Charles Sévigny et Yves Vidal, de Knoll International, qui vivaient à côté, à Dar Zéro. Les concepteurs ont converti les donjons et les écuries en une luxueuse enclave de huit chambres avec au centre, une pièce d’eau bordée d’une galerie d’arcades. Grands créateurs de mobiliers contemporains, ils ont décoré le lieu avec des salons Knoll, des tables Saarinen et des chaises Bertoia, pour un surprenant mariage des genres, styles et époques. Considéré en son temps pour être l’une des plus belles maisons du monde, elle a accueilli un flux quasi constant de dignitaires et de célébrités de la jet-set internationale, y compris Richard Burton et Barbara Hutton.

Il y a quelques années…

Si il a pu résister des siècles durant aux attaques des envahisseurs, l’édifice ne pouvait faire face indéfiniment aux intempéries et à l’érosion du sol sur lequel il repose. Pierre après pierre, c’est toute la structure qui menaçait de s’effondrer sur la route de Merkkala en contrebas, laissant un trou béant dans la muraille.

Il y a quelques mois…

Dans la continuité des travaux de restauration de la muraille de Tanger, les autorités publiques ont sauvé le York Castle de l’effondrement. Toujours en cours de rénovation, la muraille a été entièrement restaurée et sera prochainement accessible aux touristes. Cependant, la demeure Vidal, avec sa piscine, son patio, ses terrasses et ses chambres a été totalement rasée.

Secret d’histoire

Les architectes portugais du York Castle avaient paré à toutes éventualités défensives. Ils ont construit un passage secret souterrain qui reliait le château au port ainsi qu’à la porte de la Kasbah.

novembre 13, 2017 / par / dans
Au Pain Nu

Avant de porter son nom «  Pain Nu » en 2013, ce bar restaurant s’appelait Langoustino. Créé en 1958,  il a été 35 années durant le refuge préféré de l’illustre écrivain marocain, Feu Mohammed Chokri. Il a d’ailleurs mentionné son nom, ainsi que celui de l’hôtel Ritz où il est installé, à plusieurs reprises dans différents ouvrages.

Aujourd’hui, l’établissement lui rend un hommage permanent, Le Pain Nu étant le titre de l’ouvrage le plus emblématique écrit par l’auteur. Il est devenu, depuis, un lieu incontournable pour les rencontres culturelles et artistiques, où peuvent être organisées des présentations littéraires, suivies d’une collation accompagnée de délicieux tapas.

septembre 18, 2017 / par / dans
Les fils du Détroit : Musique andalouse et verre de thé

Le club des fils du Détroit relate une histoire d’amour pour la musique andalouse qui a démarré en 1974, date de création de l’association. Les musiciens se rencontrent chaque jour, sauf le dimanche, dans un espace authentique, meublé avec des instruments de musique traditionnels. Situé au cœur de la Kasbah de Tanger, à coté de la porte du Musée de la Kasbah il est connu de tous ceux qui se sont déjà rendus dans ce quartier, leur réputation a dépassé toutes les frontières, que ce soit pour leurs prestations musicales quotidiennes ou pour leur délicieux thé à la menthe.

juillet 18, 2017 / par / dans
Café Baba

Prendre un thé au Café Baba, c’est un voyage dans le temps, en ces années 50, 60,70…
Perché au haut de la Médina, entre Bab El Assa et le mausolée du grand voyageur Ibn Batouta, ce café semble ne pas avoir changé depuis sa fondation en 1942 par Mr El Ayachi, selon Abdelghani Aoufi, le petit-fils du fondateur et actuel propriétaire.
Le même décor dans lequel les mêmes parfums se mêlent et captent le visiteur, installé sur la terrasse, fae au Détroit. Des visiteurs de marque tels que Kofi Annan, les Rolling Stones, Jack Kerouac, la princesse Sylvia de Suède, les Ducs du Luxembourg, le prince Edouard de Monaco, sans citer les nombreux intellectuels, artistes, hommes politiques, aristocrates, et hippies…Les inconditionnels du lieu viennent pour disputer leur partie de « Parchisi » en sirotant calmement un thé à la menthe.

mai 18, 2017 / par / dans
Café Tingis

Son nom « Tingis » n’est autre que le surnom du fondateur du café-bar-restaurant de l’époque, raconte Mohammed Abderrahmane, un des fidèles habitués depuis 65 ans. C’est aussi le nom romain de la ville. Le café Tingis existe depuis un peu plus de cent ans. Il était considéré comme lieu de rencontre des Français et des Anglais. Il était aussi fréquenté par l’élite de la bourgeoisie tangéroise et par les guides.

Se situant au cœur de la médina, face au Café Central, sa terrasse, munie de tables en fer forgé et de chaises en osier, typique des terrasses marocaines, a une vue d’ensemble sur la place vivante de la médina. Le café Tingis garde, encore aujourd’hui, de par sa position stratégique, son cachet d’antan et attire toujours quelques vieux résidents et les visiteurs nostalgiques du Tanger International.

avril 18, 2017 / par / dans
Café Hafa

Une succession de terrasses qui plongent dans les eaux de la Méditerranée. Des  chaises en plastiques et des tables en zellige usées par le vent, un confort sommaire mais une vue exceptionnel qui pardonne tout. Un verre thé chaud entre les doigts, vous dominez le détroit de Gibraltar, la ville et son port, comme l’ont fait les Rolling Stones, Mohammed Choukri, Sean Connery, Tahar Benjelloun et bien d’autres.

Le charme de café Hafa, ouvert depuis 1921, a fasciné des générations d’amoureux de Tanger, qui y ont puisé l’essence même de l’atmosphère tangéroise. Son cadre atypique, en plein air, montre ce caractères qu’ont les tangérois à braver les intempéries. Les serveurs toujours souriants, preuve de l’hospitalité locale. La mer et le ciel y sont omniprésents, de même que ce parfum de kif qui flotte dans l’air, caractéristique de la région.

mars 18, 2017 / par / dans
Iberia

INTRODUCTION:

Iberia est le centre névralgique de la ville nouvelle. La place du Koweit, qui se trouve à l’intersection de deux grandes avenues : La Belgique et Sidi Mohammed Ben Abdellah, en est le point focal. Le nom que porte ce quartier fait référence à la péninsule ibérique. L’omniprésence d’édifices espagnols à caractères religieux, culturel et diplomatique justifie amplement ce choix. Fondée sur une haute colline, Iberia domine la ville de Tanger et ses monuments resplendissent sur le Détroit de Gibraltar.

Les jardins d’Iberia, l’une des attractions majeures du quartier, font actuellement l’objet de travaux de réaménagement visant la mise en place d’un parking souterrain; remède supposé aux problèmes de circulation.

Mosquée Mohammed V

La mosquée Mohammed V, principal lieu de culte musulman à Tanger, domine la place du Koweit avec son architecture typiquement marocaine et son minaret haut de 70 mètres.

La mosquée a été  construite, grâce à un fonds koweïtien, sur une superficie de 4500 m2. Elle a été inaugurée en 1983. Elle fait partie d’un complexe  qui abrite également le siège régional du conseil supérieur des Oulémas, l’autorité religieuse suprême présidée par Sa Majesté le Roi en sa qualité de commandeur des croyants. Le complexe héberge aussi la délégation régionale du Ministère des Habous et des affaires islamiques, un centre commercial et une bibliothèque.

Cathédrale espagnole

A l’exemple de la Purisima et la Grande Mosqué au coeur de la Médina, de l’église Saint André et la mosquée Sidi Bouabid au Grand Socco, Iberia entérine la tolérance religieuse en accueillant, en sus de la Mosquée Mohammed V, la Cathédrale Espagnole. Celle-ci, vieille d’un siècle et demi, continue d’accueillir les fidèles et à porter assistance aux démunis.

Consulat d’Espagne

Tanger, en sa qualité de capitale diplomatique du Royaume Chérifien, accueillait de nombreux services consulaires et légations étrangères. Le petit Socco, au coeur de la médina, était le siège de beaucoup d’entre ces représentations. Avec le développement de la ville, celles-ci déménagent, une à une, au delà des remparts. Les espagnols s’installent dans une résidence fabuleuse entourée de jardins et s’étendant sur plusieurs hectares et en font leur consulat vers 1923. Les travaux ultérieurs ont érigé le consulat sis Avenue Habib Bourguiba en un bijoux architectural et un trésor botanique.

Instituto Cervantes

Créé en 1991 pour diffuser et répandre la langue et la culture espagnoles, il est nommé en hommage à l’écrivain Miguel de Cervantes. L’institut, situé Avenue Sidi Mohammed Ben Abdellah, est très prisé par les Tangérois, amateurs acharnés de la culture et de la littérature espagnoles. En plus des cours de langue et des examens de niveau, l’institut oeuvre à la promotion de la culture dans la région Nord en collaboration avec plusieurs organisations locales, nationales et étrangères.

Colegio Ramón y Cajal & lycée Severo Ochoa

Iberia héberge deux institutions d’enseignement espagnol : le collège Ramon y Cajal et le lycée Severo Ochoa accueillant chacun plusieurs centaines d’élèves. Le collège est nommé en hommage à Santiago Ramon y Cajal, histologiste et neuro scientifique, colauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine en 1906; le second en hommage à Severo Ochoa de Albornoz, scientifique biochimiste et colauréat du prix Nobel dans le même discipline  en 1959.

mars 18, 2017 / par / dans
Extraits en rapport avec Tanger : des récits de voyage d’Ibn Battuta

À l’occasion de la première édition du festival qui rend hommage à la naissance le  24 février 1304 du grand voyageur tangérois Ibn Battuta, nous avons choisi de partager quelques extraits des textes  compilés par Ibn Juzayy en un livre appelé Tuḥfat al-nuẓẓār fī ʿağāʾib l-amṣār wa-ġarāʾib l-asfār et traduit de l’arabe de C. Defremery et B.R. Sanguinetti en 1858. Ces textes, au delà de leur valeur historique, sont à découvrir aussi pour leur beauté et leur justesse.

Bien qu’il soit né à Tanger, il ne cite qu’occasionnellement sa ville lorsqu’il évoque succinctement ses origines, ou lors de son départ, à la mort de sa mère, et durant les derniers jours de sa vie.

“« Je sortis de Thandjah, lieu de ma naissance, le jeudi 2 du mois de redjeb, le divin et l’unique, de l’année 725 , dans l’intention de faire le pèlerinage de La Mecque et de visiter le tombeau du Prophète. (Sur lui soient la meilleure prière et le salut !) J’étais seul, sans compagnon avec qui je pusse vivre familièrement, sans caravane dont je pusse faire partie ; mais j’étais poussé par un esprit ferme dans ses résolutions et le désir de visiter ces illustres sanctuaires était caché dans mon sein. Je me déterminai donc à me séparer de mes amis des deux sexes, et j’abandonnai ma demeure comme les oiseaux abandonnent leur nid. Mon père et ma mère étaient encore en vie. Je me résignai douloureusement à me séparer d’eux, et ce fut pour moi, comme pour eux, une cause de maladie. J’étais alors âgé de vingt-deux ans. »”

Il quitte Tanger, pour l’Algérie et démarre un long périple jusqu’en 1327, où il effectuera son premier pèlerinage à La Mecque (le hajj), en empruntant les routes du Maghreb, explorant de la vallée du Nil, la Syrie, l’Irak et des villes d’Iran.

De 1328 à 1330, il entreprend son deuxième pèlerinage à La Mecque en passant par les côtes du sud de la péninsule arabique jusqu’à Kilwa kisiwani en Tanzanie et sur les côtes africaines de l’Est.

Après cela, il partit pour un ultime pèlerinage à La Mecque, avec l’exploration de la Turquie, la mer Noire, l’Asie centrale, l’Inde, Ceylan, Sumatra, la Malaisie et la Chine jusqu’à Pékin, de 1330 à 1346.

Une fois ce pèlerinage accompli, il prit la direction de sa terre natale. Après quelques temps passés à Tanger, Ibn Battûta repart en voyage vers al-Andalus — l’Espagne musulmane. Alphonse XI de Castille menaçant d’envahir Gibraltar, Ibn Battûta rejoint un groupe de musulmans de Tanger avec l’intention de se battre pour défendre ce port. Par chance pour eux, la peste noire avait tué le roi peu avant leur arrivée (en mai 1350) et Ibn Battûta put alors voyager en sécurité. Il visite le royaume de Valence et termine son périple à Grenade.

“Après avoir eu le bonheur de contempler cette résidence illustre 2 , et après avoir été comblé des avantages de ses copieux bienfaits, je voulus visiter la tombe de ma mère. En conséquence, je me rendis dans ma ville natale, Tanger, d’où je partis ensuite pour Ceuta. Ici je passai plusieurs mois, dont trois en état de maladie ; mais Dieu m’accorda enfin la santé, et je désirai prendre part à la guerre sainte et aux combats contre les infidèles. Je traversai donc la mer, de Ceuta jusqu’en Espagne, dans un petit navire, ou une saïque 3, appartenant à des gens d’Assîla 4. Or j’arrivai en Andalousie (que Dieu la garde !), où la rétribution est abondante pour quiconque y habite, où la récompense est mise en réserve pour quiconque s’y arrête et y voyage.”

Quittant l’Espagne, il décide de visiter son Maroc natal. Il s’arrête à Marrakech, alors presque une ville fantôme, à la suite de l’épidémie de peste et poursuit vers Fès, la capitale du royaume des Mérinides, et par ailleurs siège de la Quaraouiyine, l’un des plus importants centres du savoir de l’époque, pour finir son périple dans sa bonne ville de Tanger.

“Étant retourné à Gibraltar, je m’embarquai sur le même navire qui m’y avait transporté, et qui appartient, ainsi que je l’ai dit, aux armateurs d’Arzille4. J’arrivai à Ceuta, dont le commandant était alors le cheikh Aboû Mahdy ’Iça, fils de Soleïmân, fils de Mansoûr ; son juge était le jurisconsulte Aboû Mohammed Azzédjendery.

De Ceuta, je me rendis à Arzille, où je résidai quelques mois ; puis j’allai à Salé, d’où je partis, et arrivai ensuite dans la ville du Maroc 5.”

1-   Le 14 juin 1325. Thandjah est évidemment Tanger.

2-   En référence à l’ermitage de Fez

3 – Le texte arabe dit shatti, barque à deux mâts, du latin sagitta, en italien saettia.

4-   Asilah, entre Tanger et Larache sur la côte atlantique.

5-   C’est-à-dire Marrakech.

février 18, 2017 / par / dans
LE GRAND CAFÉ DE PARIS

La position géostratégique du Grand Café de Paris, à l’angle de la Place de France, face au consulat, en fait un lieu idéal pour savourer la douceur de vivre tangéroise. Murs imprégnés de fumée, sièges en cuir, nappes de velours… Une fresque sur le mur central qui présente les douze signes du zodiaque sur une boiserie, le reste composé de miroirs face auxquels s’agitent des serveurs au look anachronique… Le Grand Café de Paris semble n’avoir pas bougé depuis son ouverture en 1927. On imagine sans mal Mohamed Choukri, Jean Genet ou Paul Bowles y refaire le monde, enveloppés par des vapeurs d’alcool qui y flottaient à une certaine époque, car oui, le lieu en servait jadis !

février 18, 2017 / par / dans
LE GRAND SOCCO : Trait d’union entre la médina et la ville nouvelle

Introduction:

Le site servait de parvis à la médina de Tanger. Les caravanes en provenance de l’arrière-pays, déchargeaient leurs marchandises et  reprenaient leur souffle sur cette esplanade dans l’attente d’une autre expédition. Le coeur de la Médina n’était accessible via Bab El Fahs que durant la journée. Le souci de sécurité imposait la fermeture du portail du coucher du soleil à l’aube . Cette aire de repos et d’attente s’est transformée par la suite en un espace d’échange entre tangérois et paysans des villages voisins. Les résidents de la vieille ville s’y approvisionnaient en produits frais, denrées et objets d’artisanat. Cette tradition survit toujours:  Les paysannes, dans leurs habits distinctifs, adossées au mur de l’église Saint André, exposent toujours leurs produits fortement appréciés. A quelques pas de là, s’érige la mosquée de Sidi Bouabid, construite en 1917 et célèbre pour son minaret entièrement orné de faïence polychrome.

Le 9 Avril 1947, Le sultan du Maroc, Mohammed Ben Youssef (Mohammed V), s’est adressé au monde, depuis le Grand Socco, mettant à profit le statut international de Tanger et bravant les interdictions des autorités protectorales, pour revendiquer l’indépendance du Royaume chérifien. Depuis, le Grand Socco porte officiellement le nom de «Place du 9 Avril», mais l’appellation la plus communément utilisée reste «Souk barra» traduit en marché extérieur.

Après une longue période de gloire immortalisée par des oeuvres littéraires et artistiques telles que “Au Grand Socco” (1952) de Joseph Kessel et la toile intitulée “Jour de marché devant les murs de Tanger” (1873) du peintre et designer américain Louis Comfort Tiffany, le site tombe en décadence à partir des années 1980. Les multiples travaux d’aménagement peinent, aux yeux des nostalgiques, à redonner au Grand Socco son rayonnement d’autrefois.

Le Grand Socco demeure un hub incontournable, une sorte de trait d’union qui joint la médina à la ville nouvelle. Il compte divers points d’attraction dont le cinéma Rif, la rue de la liberté et plusieurs cafés dont les terrasses donnent directement sur la place. Celle-ci, embellie par une majestueuse fontaine en marbre et agrémentée d’espaces verts et de splendides palmiers, devient particulièrement animée le soir.

La Mandoubia

La mandoubia, immeuble majestueux, en face du cinéma Rif, témoin d’événements majeurs du passé glorieux de Tanger, fait office aujourd’hui de tribunal de commerce. Construite pour héberger le Mendoub, représentant permanent du Sultan, elle accueille l’empereur d’Allemagne Guillaume II lors de sa visite à  Tanger en 1905, abrite le consulat allemand vers 1941 et assiste fièrement au speech historique de 1947.

L’architecture raffinée est loin d’être l’unique attraction de la Mendoubia, les jardins adjacents sont d’une splendeur particulière. Le site est prisé pour ses arbres impressionnants dont les branches rebondissent sur le sol pour devenir des troncs à part entière. Ce spectacle, continu depuis plusieurs siècles, a mis en place une scène époustouflante.

Les jardins de la mandoubia font actuellement objet de réaménagement. Ces travaux  changeront le look de la mandoubia et du Grand Socco tout en redonnant au patrimoine national et à sa mémoire la valeur et l’intérêt qui leur sont dus.

Eglise Saint André

Vers 1880, le Sultan Alaouite Hassan Premier, octroie une parcelle de terre à la communauté britannique de Tanger pour y bâtir une église. Quelques années plus tard, il s’est avéré que l’église n’était pas en mesure d’accueillir les fidèles anglicans dont le nombre s’est significativement élevé. L’église a alors été reconstruite en plus grand et en plus beau et porte depuis de nom de «Saint André».

L’édifice dont l’architecture est fortement imprégnée du style mauresque, est orné de mosaïque de céramique, chaux, bois et stuc et dispose d’un minaret telle une mosquée. Le minaret surplombe le cimetière chrétien où reposent des figures de renommée qui ont marqué l’histoire moderne, tels que Walter Harris (1933) journaliste et correspondant du Times ou Hooker A. Doolittle (1966), diplomate américain et consul des Etats-Unis à Tanger.

Mosquée Sidi bouabid

Au Grand Socco, résonne régulièrement l’appel retentissant à la prière émanant de la mosquée Sidi Bouabid bâtie en 1917 et dont le minaret est totalement recouvert de faïence multicolore.

Sur la façade donnant sur la grand’place, figurent plusieurs colonnes et une immense horloge  rappelle aux fidèles les heures de prières. Sur l’autre façade, une multitude de boutiques minuscules vendent de tout, un véritable labyrinthe.

Le nom donné à la mosquée serait dû à une épitaphe trouvée sur le site au début des travaux de construction. Bouabid serait le surnom de Mohamed Al Wathiq-Billah, le sultan de la dynastie mérinide destitué, expatrié de Fès, torturé à mort à Tanger et enterré à l’extérieur de la ville,  il y a de cela plus de six siècles.

Cinéma Rif:

Tanger compte de nombreux cinémas, beaucoup d’entre eux ont malheureusement déposé le bilan et sont devenus ruines, très peu résistent encore péniblement à la crise qui frappe de plein fouet le secteur à travers le pays.

Une salle s’est choisie une autre destinée : Le Cinéma Rif. Suite à une période sombre de dégradation des lieux et des projections, Cinéma Rif change de cap  en hébergeant en 2007 «la Cinémathèque de Tanger». Cette association, à but non lucratif, a pour objectif le développement de la culture cinématographique au Maroc, à Tanger en particulier et  notamment chez les jeunes. L’aspect culturel est, depuis, remis en avant et la programmation se focalise davantage sur la diversité culturelle que sur les productions commerciales.

Cinéma Rif compte deux salles, des archives, une bibliothèque et un café avec terrasse qui donne directement sur la place du 9 Avril.

En s’imposant de fermes exigences en termes de qualité et en accueillant régulièrement de grands festivals cinématographiques et d’importantes activités artistiques, Cinéma Rif est devenu, en quelques années, le point focal du septième art à Tanger.

Marché Central:

Une vieille porte donnant sur la place du 9 Avril conduit au marché Central. À l’entrée, vous serez accueillis par les vendeuses de pain aux visages souriants. Ici les boutiques s’alignent mais ne se ressemblent pas: Les herboristes vantent les mérites insoupçonnés de leur plantes en vous chuchotant des recettes secrètes aux bienfaits magiques. Vous serez conviés,  par les vendeurs d’olives, à déguster les préparations aux différentes couleurs joliment exposées. Les fleuristes vous proposeront leurs services en exhibant quelques modèles de bouquets parfaitement arrangés. Les vendeurs de fruits et légumes étalent leur marchandise avec goût.

Au bout du couloir des bouchers, se trouve le marché du poisson. Ici, la fraîcheur règne et les normes de qualité et d’hygiène sont scrupuleusement observées. L’offre est généralement abondante sauf par intempéries. Poissons, mollusques et crustacés, les amateurs des produits de la mer auront de quoi se régaler, quel que soit leur budget.

février 18, 2017 / par / dans

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