Nadia Alami

Quelles sont vos origines ?

Je suis originaire de Casablanca, quartier Anfa. J’ai étudié en primaire à Georges Bizet, puis ensuite à Paul Valery de Meknes, pour finir à Tanger où j’ai eu mon Bac. Mes parents ont déménagé à Tanger pour suivre mon grand-père qui avait monté trois industries à Tanger. C’était un précurseur. Au lycée, j’ai rencontré mon mari, puis je suis partie étudier l’optique à Bruxelles, et à mon retour, nous nous sommes mariés en 1986. Suite à quoi, j’ai ouvert mon magasin.

Comment êtes-vous arrivée dans le cinéma ?

Déjà toute petite, j’imitais toute ma famille et les faisais beaucoup rire. Et à l’école, je ne manquais jamais un atelier théâtre. En troisième, à Paul Valery, ils ont monté Macbeth, mais il leur manquait un acteur pour jouer le rôle de Malcolm. Et comme j’avais une grosse voix, ils m’ont déguisée en garçon. Ça a été ma première représentation face à un public et c’était une totale réussite. Avant que je n’aie mes deux enfants, je m’ennuyais beaucoup à Tanger, la seule activité étant d’aller voir des films indiens au cinéma. À 22 ans, j’ai lu dans le journal, qu’une troupe de théâtre faisait un casting pour une pièce de Pagnol. Mais mon mari n’a pas voulu que j’y participe, se justifiant en disant que nous faisions partie des notables de la ville. Et il m’a clairement dit “Je vais te faire un enfant, comme ça, en plus de l’optique, tu ne t’ennuieras plus”. Donc, j’ai eu ma fille en 1988, puis mon fils en 1992. Une fois tous deux entrés dans l’adolescence, l’ennui est revenu. En 1999, j’ai appris que Philippe Lorin montait une troupe de théâtre, La Comédie de Tanger, que j’ai intégré. J’ai joué “C’est une femme du monde” de Feydeau. Et lors de la première, on m’a dit que celui qui se plier le plus de rire dans le public, c’était mon mari. Son rire m’a libérée du trac. Dès lors, on a fait des petites tournées et quelques saynètes. Pour ma dernière représentation, j’interprétais un monologue de Sacha Guitry. Ma performance plutôt réussie, a conduit la réalisatrice Farida Belyazid à me proposer deux rôles dans un même téléfilm pour 2M, intitulé “Nya Taghleb» avec Rachid El Ouali. Je jouais deux soeurs jumelles, diamétralement opposées.

À partir de là, des réalisateurs se sont mis à contacter Farida pour lui demander où elle avait déniché cette brin de femme dynamique à la grosse voix. Suite à quoi, je me suis retrouvée invitée à des festivals de cinéma et j’ai eu plusieurs rôles dans des téléfilms, jusqu’à ce qu’un jour, Rachid El Ouali et Latifa Harare me proposent de revenir au théâtre pour jouer “Les caprices de Mariane», dont le premier rôle était joué par Latifa. C’était ma première représentation théâtrale en tant que professionnelle. De fil en aiguille, je suis devenue amie avec Samia Akariou qui m’a demandé si je ne voulais pas remplacer une comédienne qui venait de quitter sa troupe féminine “Takoon”. Elles étaient en train d’adapter, en darija du Nord, la pièce “La Casa de Bernarda de Lorca», qui était traduite par “Bnat Lalla Mennana”.

On a joué cette pièce pendant huit ans dans tout le Maghreb et en Europe. On a eu un succès phénoménal, les journaux nous adoraient. Une comédie dramatique, mêlant humour et même danse, qui n’hésitait pas à mettre les pieds dans le plat, dénonçant les coutumes conservatrices et la place de la femme au Maroc.

En 2012, j’ai arrêté et ils m’ont remplacée pour continuer de jouer. Un an après, on a été contactés par Yassine Fennane, qui voulait monter la pièce en trente épisodes pour une série du Ramadan, diffusée sur 2M. L’audience était tellement haute, que la chaîne continue encore aujourd’hui de la passer.

Quels sont vos projets ?

J’aimerais concrétiser et monter mon One Woman Show. Je m’y suis mise en 2012, mais avec le mariage, puis la grossesse de ma fille, j’ai dû mettre l’écriture en pause. Mais ça va reprendre très prochainement.

Nadia Alami, Comédienne ou opticienne ?

Euh… Nadia, opticienne. Maria, comédienne. Depuis que j’ai interprété le rôle de Maria dans le téléfilm, tout le monde m’appelle ainsi dans la rue.

Quel est votre secret de beauté ?

J’aime la vie et je remercie Dieu chaque jour pour ce qu’il me donne. Ensuite, je ne m’arrête pas, je suis une vraie pile alcaline comme disent mes amis. En même temps, j’adore aller vers les humains, faire du caritatif et donner de ma personne. Je suis heureuse quand je vois les gens sourire.

 

Post Author: Tanger Pocket

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