L’or rouge de Tanger

Le Safran

Vous ne le saviez sûrement pas, mais il existe du safran cultivé à Tanger. Cette épice extraite de la fleur d’un crocus, est la plus chère au monde. Originaire du Moyen-Orient, elle a été cultivée pour la première fois dans les provinces grecques, il y a plus de 35 siècles. Aujourd’hui, 150 000 kilos de safran sont produits dans le monde chaque année, dont 95% en Iran. Le Maroc quant à lui, plus particulièrement la province de Taliouine, produit un peu moins de trois tonnes. Le safran de Tanger n’en est qu’à ses débuts, mais ils sont déjà prometteurs.

L’histoire du Safran de Tanger est plutôt insolite. Elle est née dans l’esprit de  Alain Steyaert, entrepreneur belge, qui après avoir regardé un épisode de l’émission “Envoyé spécial” consacré au Safran, a décidé de changé de cap. Le lendemain, il s’est rendu à son bureau et a dit à ses ouvriers qu’il mettait fin à sa carrière pour se lancer dans la culture du safran. Et c’est en entendant ces dires, que l’un de ses contremaîtres, lui a parlé d’une parcelle de terrain qu’il possédait non loin de Tanger. Il s’y rendu pour la première fois en Avril 2012, et quelques mois plus tard, en Août de la même année, il effectua sa première plantée. Et c’est tout un pari, que de produire à Tanger, dans terres venteuses où l’agriculture n’est pas un fer de lance. Cette plante nécessite beaucoup de sécheresse en été, de pluie en hiver, avec une floraison décalée en novembre, dépendant de la différence de température entre le jour et la nuit. Le résultat étant que le climat méditerranéen dont bénéficie la région est plus que propice.

En 2012, le résultat de la production laisse rieur, avec seulement 30 grammes collectés. Mais en un an, ils ont décuplé la production, soit 300 grammes en 2013, puis 800 grammes en 2014, avec pour ambition 8 kg en 2015. Ces chiffres le prouve, produire du safran, n’est pas chose aisée. Il aura fallu une formation complète, et choisir quelle espèce il désirait faire pousser. Son choix s’est tourné vers une espèce rare, originaire de France, qui produit du Safran d’une qualité exceptionnelle. Il aura ainsi importé près de 165 000 bulbes de France, à 1 euro l’unité, pour viser cette production annuelle. Mais heureusement, cette lourde charge ne se répétera normalement plus, car les bulbes de safran se multiplient chaque année jusqu’à 7 fois. Si un bulbe peut donner de 3 à 7 fleurs de crocus, il ne faut pas moins de 150 fleurs pour produire un seul petit gramme de safran, à raison de 3 pistils par fleur. Normalement, l’on situe la moyenne à l’hectare aux alentours de 6 kg, mais ici, grâce aux techniques utilisées, on parvient à produire jusqu’à 11 kg.

“Le safran, c’est comme une femme. Ça demande énormément de douceur et une attention quotidienne”. nous dit Alain. Et vous n’imaginez pas à quel point. 30 personnes sont nécessaires pour s’occuper de deux hectares, dont 5 personnes à plein temps, sans compter les gardiens qui se relient 24h/24 pour veiller à ce que d’éventuels voleurs ne soient pas tenter par ce trésor enfoui sous terre. Il y a même poste de chasseur de scarabée à mains nues, qui veille à ce que ces petits nuisibles ne dévorent pas les bulbes.  Toute cette équipe est nécessaire pour cultiver un safran 100% d’origine naturelle. La seule chose que l’on rajoute ici à la terre, c’est de l’eau. Car cet épice rencontre aujourd’hui deux problèmes majeurs : la traçabilité et la qualité. Mais une bonne méthode de culture ne fait pas tout. Il faut ensuite ramasser les fleurs dans les quelques heures qui suivent la floraison, puis extraire avec minutie les pistils avant de les sécher dans un four spécialement développer à cet usage.

Loin des petits sachets que nous vendent les herboristes pour quelques dizaines de dirhams, au taux variant selon la tête du client, le safran de Tanger fait partie des plus précieux au monde, avec un prix atteignant 450 dh le gramme. Ce prix est fixé en fonction des résultats des analyses en laboratoire, en lien avec le centre agronomique de Tanger, qui lui font apparaître des propriétés rares et extrêmement puissantes. Au delà de la simple épice de cuisine, le safran est également très recherché par les industries pharmaceutiques qui la convoitent pour ses effets euphorisants ou anti-âges, entre autres…

Notez donc que si vous souhaitez découvrir où et comment pousse le safran de Tanger, les premières semaines du mois de Novembre seront idéales pour admirer le champ de crocus en fleur. Des visites peuvent être organisées sur demande.

Plus de renseignements par téléphone au : 06 62 19 00 73

 

Post Author: Tanger Pocket

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