Interview de Ilias Selfati

Diplômé des beaux-arts de Tétouan en 1990, puis de ceux de mMdrid en 1994, il a passé près de 20 ans en terre ibérique avant de traverser l’Atlantique pour trouver un pied à terre à New-York, puis Los Angeles. Aujourd’hui, Ilias Selfati vit entre Tanger, New-York et Paris.

1 – Quelles sont vos origines ?

Marocaines, tangéroises… Mon père est marocain mais de Ceuta. Il m’a très jeune ouvert les portes d’un milieu hispanophone et européanisé.

2 – Votre enfance en 3 mots ?

Innocense, Tanger, mélancolie… Il y en aurait d’autres, mais c’est mieux de rester simple.

3 – Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir artiste ?

Ma rencontre avec Khalil Lghib, à l’âge de 12 ans. Il a vu en moi quelque chose… et m’a accompagné durant mes débuts. Il était professeur dans un lycée de Tanger, mais c’est surtout un des grands artistes marocains, d’une sagesse et d’une sensibilité qui ne sont pas conventionnelles.

4 – Définissez l’ “ART” en quelques mots

Être civilisé.

5 – Définissez “ VOTRE ART” en quelques mots

Le noir… (c’est à dire ?) Le dessin, le crayon… Remplir une surface blanche. Une métamorphose. Si il fallait nommer mon style, je pense que je rentrerais dans ce qu’on appelle la Nouvelle Narrative.

6 – Quelles sont vos techniques de peinture ?

Techniques mixtes… J’utilise toutes les surfaces, toutes les techniques, ce qui m’importe c’est le résultat. La peinture, c’est comme la cuisine, ce sont des recherches, mais parfois aussi des accidents, qui mènent au résultat.

7 – Quelles sont vos inspirations artistiques actuelles? Vos influences?

Depuis 2008, je travaille sur des sujets d’actualité. Guerre, souffrance humaine, torture, arrestation… Mes influences sont surtout liées à une documentation. Disons que je suis un peu influencé par Goya, qui travaillait sur les massacres de son époque, mais également par certains journalistes qui font un travail remarquable.

8 – Si vous deviez abandonner la peinture, quelle serait votre reconversion ?

Peut-être en cuisine… Oui, maintenant que j’y réfléchis, je serais sûrement cuisinier parce que j’adore ce métier pour lequel j’ai un profond respect.

9 – Quelle est l’oeuvre qui vous représente le plus ?

Gernica, de Pablo Picasso. Et parmi mes toiles, la série Forest, réalisée entre 1997 et 1998. Il y avait une certaine fraîcheur. C’est cette série qui m’a donné le courage de prendre plus de risques dans ma carrière.

10 – Présentez-nous votre projet estival à Tanger ?

Il y a 4 ans que je n’ai pas exposé à Tanger. C’est un ensemble d’oeuvres que j’ai fait entre 2008 et aujourd’hui, et pour certaines, déjà exposées à Paris, Casa, au Portugal, en Italie… Mais également d’autres encore jamais dévoilées. C’est une expo d’actualité sur le temps de la furie. Ça va de Charlie Hebdo à la Tunisie ou la Syrie, en passant par le crash de l’avion causé par un pilote, soit disant dépressif, mais que je considère plus comme un terroriste. J’ai choisi d’exposer dans de nombreux espaces différents à la fois, galeries, librairies, restaurants, pour ne pas faire de l’art élitiste et pour que les gens puissent avoir la chance de découvrir mon travail par volonté ou par accident.

Post Author: Tanger Pocket

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