El Castillo de Dar Chaoui

Les ruines d’une grande forteresse

Amoureux des vieilles pierres, voici un lieu situé non loin de Tanger qu’il vous faudra découvrir. Si vous ne connaissez pas encore Dar Chaoui, c’est une petite bourgade entre Tanger, Tétouan et Assilah, à proximité du barrage du 9Avril 1947. Le village en luimême ne représente pas un intérêt majeur pour les visiteurs, si ce n’est pour l’authenticité de son côté rural, la seule activité étant son marché dominical. Mais il fut un temps où Dar Chaoui avait une toute autre dimension, du fait que les routes majeures formaient ici un carrefour de première importance. Cependant, une fois les eaux du barrage ayant inondé la vallée, certaines routes ont été submergées, et de nouveaux axes ont été construits, laissant ainsi peu à peu le village tomber en désuétude.

Pour preuve de son importance stratégique : l’intérêt que lui portait le gouvernement espagnol à l’époque du Protectorat. Au début du XXe siècle, il y fut construire une caserne militaire, que l’on surnomme aujourd’hui, El Castillo de Dar Chaoui, ou Kasaba de Dar Chaoui.

Sur une petite colline surplombant le village, vous découvrirez les ruines spectaculaires d’une forteresse. Nous ne savons que peu de choses sur ce bâtiment, mais sa date de construction se situe entre 1930 à 1940. Voulant superviser les productions agricoles de la région, les Espagnols ont tout d’abord fait construire les bureaux en 1926, une fois la zone pacifiée. Ceux-ci servaient de représentation de la délégation des Affaires indigènes, qui les utilisaient pour son propre service administratif et celui du Caïd. Dans certains cas, ils étaient également utilisés comme cabinet médical et école hispano-arabe. Le but étant de consolider l’administration espagnole à travers les provinces.

L’architecture de l’édifice se divisait en différents espaces : cabinet médical, salle d’opération, toilettes, maison Sheik, mejaznía, maison du mokadem, cantine, entrepôt, écuries, granges, des sections pour les troupes avec des cuisines, des épiceries, un parking, le bureau du capitaine, des jardins, salle de réception, bureau de l’interprète, bureau fakir, ordonnances, le télégraphe, les cellules de garde…

De nombreux palmiers centenaires trônent encore majestueusement tout autour et même à l’intérieur de la bâtisse. Sur les flans de la colline, on trouve aussi des dizaines d’oliviers. La structure de l’édifice reposait principalement sur des murs de pierres et de briques, avec néanmoins la trace, toujours visible, d’une armature en fer pour les étages. De petites persiennes laissaient entrer la lumière dans le patio et de grandes arcades formaient les trois portes principales du bâtiment.

Aujourd’hui, El Castillo de Dar Chaoui ne ressemble plus guère qu’à une ruine aux allures de château hanté, avec encore quelques pans de murs debout et une ou deux colonnes qui pointent vers le ciel telles des donjons. Mais peu importe, cela vaut le coup d’oeil, avant qu’il ne reste plus rien à contempler. C’est aussi un lieu idéal pour pique-niquer. Vous trouverez même un banc de pierre, face à un gros bloc de béton en guise de table. Après la visite, vous pourrez descendre à pied jusqu’au ruisseau qui serpente entre les champs. Un petit bout d’histoire bien agréable à découvrir entre amis ou en famille.

Pour s’y rendre

Plusieurs routes pourront vous y conduire. Soit en passant par la route intérieure qui mène à Assilah, tourner à gauche au rond-point de l’autoroute de Tanger, puis toujours à gauche. Mais bien que les paysages soient époustouflants, l’état de la route n’est pas irréprochable. Sinon, plus simple et plus rapide, prendre la route nationale en direction de Tétouan durant une vingtaine de kilomètres et tourner à droite sur la route 417 en direction de Larache. Une fois le bâtiment en vue, une piste d’une centaine de mètres permet de s’y garer en haut.

Post Author: Tanger Pocket

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