Zoubeir Ben Bouchta Dramaturge

Zoubeir-Benbouchta-2544-364x245Où êtes vous né ?

Je suis né en 1964 à Tanger et j’ai grandi dans le quartier de Mssalah.

Qu’est ce qui vous a conduit dans l’univers artistique ?

Je suis autodidacte. J’ai fait mes études au collège IBN Battouta. J’ai ressenti très jeune l’appel de l’art. À l’époque, il n’y avait pas d’école de cinéma ou de théâtre, et la ville ne faisait pas vivre le théâtre comme aujourd’hui. J’ai rencontré la bande à Paul Bowles au début des années 80, grâce à mon rôle d’assistant du cinéaste Moumen Smihi, lors de son adaptation du roman “The Big Mirror” de Mohammed Mrabet, transcrit par Paul Bowles. J’avais pour rôle de passer les messages entre Bowles et les réalisateurs, puisque Paul se refusait à avoir un téléphone ou un fax. De là je       côtoyais lui et ses amis.

Comment vous êtes vous mis à écrire ?

Vers la fin de mon adolescence, j’ai d’abord écrit des chansons pour un groupe que j’avais formé avec des amis « Achbel », Les Lionceaux. Puis j’ai écrit des articles et des critiques d’art pour des magazines marocains et arabes. Ce n’est que plus tard que je me suis mis à l’écriture théâtrale. Ma première pièce s’intitulait “La folie des inondations » mais je l’ai égarée au fil des déménagements. Elle a été répétée par les acteurs, mais jamais représentée, puisqu’en 1987, j’ai reçu une bourse pour faire un stage d’un mois à la Maison de la Culture du Monde à Paris. Cela a été pour moi un véritable choc culturel, qui m’a fait tout remettre en question. J’ai découvert une nouvelle voix de la création et de la pratique culturelle.

À mon retour, j’ai tout recommencé à zéro, et c’est à partir de là que j’ai intégré le cinéma auprès de Moumen Smihi, lors du tournage de « Caftan d’Amour ». Dans les années qui suivirent, j’ai entamé l’écriture de “La valise”, parue en 1999. C’est une pièce sur l’exil. Elle a été jouée par plus d’une trentaine de troupes amateurs en moins de deux ans. J’ai reçu un prix de L’union des Jeunes Écrivains du Maroc pour ce texte. Cela m’a permis de marquer un pas dans ma carrière d’écrivain et de

me révéler au public. J’ai ensuite enchaîné les stages et les formations dans l’écriture et le cinéma.

Quelle type de pièces écrivez-vous ?

J’écris pour le théâtre contemporain, en arabe classique ou darija, en m’efforçant de faire bouger les lignes classiques de la dramaturgie. J’essaye de créer des textes “troués”, pour laisser la place à la sensibilité de l’acteur ou du metteur en scène.

Que représente Tanger dans votre oeuvre ?

C’est le fil conducteur. Depuis 2000, elle occupe une place très importante, surtout depuis la parution de la trilogie Hôtel Tanjah, composée de “Ya Mouja Ghani” (Ô vague chante) en 2000 suivie de “Lalla Jmila” en 2004 et “Rue Shakespeare” en 2006. “Lalla Jmila” a même reçu le prix du texte au Festival de Théâtre de Meknès en 2004.

Dernièrement, Saïd Benjelloun, professeur à l’Université Jean Jaurès de Toulouse a traduit ce texte en français, c’est une première pour moi. Intitulé “Le Rocher des Filles”, cet ouvrage, paru aux éditions PUM, a choisi de célébrer la Journée Mondiale de la Femme au sein de l’Université. La compagnie Section arabe, composée d’étudiants, donnera une lecture en deux langues. Ce livre est basé sur la rencontre de deux demi- soeurs, l’une qui a vécu dans une société patriarcale, et l’autre issue d’une génération fondée sur l’espoir de voir la condition de la femme se libérer au sein de la communauté arabo-musulmane.

Post Author: Tanger Pocket

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