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Asilah, ville des arts
Prisée pour sa plage en été, Asilah est un véritable havre de paix en cette période. Appréciée des artistes justement pour la quiétude et les couleurs qui s’en dégagent, la ville n’a cependant pas toujours été aussi calme…
Murs chaulés à la blancheur éclatante, maisons parfaitement restaurées avec leurs moucharabiehs et leurs portes bleues ou vertes, ruelles pavées à la propreté incomparable, remparts ocres faisant front à l’Atlantique… La sérénité qui émane d’Asilah, dont le nom signifie « l’authentique », est d’autant plus impressionnante en hiver, lorsque la cité balnéaire est en sommeil.
A tel point que l’on en oublierait même sa tumultueuse histoire. La ville est pourtant loin d’avoir été toujours tranquille et a connu un passé pour le moins agité.
Assaillie au cours des siècles par diverses peuplades tels les Normands ou les Omeyades, Asilah a été conquise en 1471 par les Portugais qui en firent un important port de commerce, dont on voit encore les traces aujourd’hui. Les Espagnols prirent ensuite à leur tour la cité. Ce n’est qu’à la fin du XVIIe siècle, en 1691, que la ville redevient marocaine grâce au sultan Moulay Ismaïl.
Asilah est en fait surtout connue pour avoir été, de 1906 à 1924, le fief du fameux brigand Raïssouni. Voleur de grand chemin, célèbre pour avoir enlevé le journaliste anglais Walter Harris et l’Américain Perdicaris, il s’est emparé de la ville et en a été nommé pacha, avant d’être chassé par Abdelkrim Khattabi.
Après tant de revirements, le calme est, depuis, largement revenu à Asilah… Les artistes ont ainsi bien compris que la ville dégageait une atmosphère et des couleurs hors du commun. Nombreux sont ceux
qui y vivent et les galeries d’art sont légion.
Les peintres Farid Belkahia et Mohammed Melehi sont, par exemple, à l’initiative du dallage des rues. Natif d’Asilah, ce dernier est également à l’origine, avec l’actuel maire et ancien ministre des Affaires étrangères Mohammed Benaïssa, de la création il y a trente ans du moussem culturel qui anime la ville chaque été.
Des peintures sont alors directement apposées sur les murs de la médina, faisant de la vieille ville un véritable musée à ciel ouvert. Le temps de la manifestation, le Centre culturel Hassan II, qui reçoit toute l’année des plasticiens, accueille des rencontres autour d’artistes marocains et internationaux. De leur côté, la place Ibn Khaldoun, dominée par la tour carré
(tour El Kamra) datant de l’époque portugaise, et le Palais de Raïssouni, que le bandit s’est fait construire au début
du XXe siècle, abritent pour l’occasion spectacles, concerts et ateliers.
 
Edition : Couleurs Com Sarl, 115 avenue Ben Abdellah, Appartement 15, Tanger
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