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Tétouan La belle aux deux visages…

Du haut de son promontoire rocheux, entre mer et montagne, celle qui fut quatre fois détruite et rebâtie, celle qu’on a nommée « la petite Jérusalem », « le Patio andalou du Maroc » ou encore « la Cité des pirates », et qui est inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO, hérite d’un passé culturel, architectural et artistique qui la hisse au rang des plus beaux joyaux du Royaume.

 

Au pied des contreforts du Rif occidental, la cité arabo-andalouse par excellence, cubique et blanche en haut, cossue et colorée en bas, hospitalière et frondeuse partout, épouse à plus de 500 m d’altitude les flancs du jbel Dersa et surplombe la fertile vallée de l’oued Martil, qui s’ouvre sur la Méditerranée. Sa situation privilégiée fut pour elle un atout autant qu’une faiblesse. Si les Romains la reprirent en main au IIIe siècle, ce n’est qu’à partir du XIVe siècle que Tétouan connaît un véritable essor.

Refondée au tout début du XIVe siècle par About Thabit de la dynastie des Mérinides, elle devient, par sa proximité avec la Méditerranée, un repaire de pirates. Devenue nuisible au commerce, elle fut détruite en 1399 par Henri III de Castille en un massacre aveugle qui la désertifia pour un siècle. Reconstruite par le Grenadin Sidi Ali Al-Mandari pour devenir un lieu d'accueil de la civilisation andalouse à partir de la fin du XVe siècle, elle sera repeuplée au début du XVIe siècle par des musulmans et des juifs chassés d’Espagne. Elle redevient alors un pôle de commerce et de piraterie avant de décliner à nouveau en raison du blocus portuaire ordonné en 1565 par Philippe II d’Espagne. Le début du XVIIe siècle la verra recevoir un nouvel afflux de réfugiés ibériques. C’est le début d’un autre essor, sous le règne de Moulay Ismaïl, grâce au développement des relations commerciales avec l’Occident. Il la dotera de ses remparts crénelés aujourd’hui longs de cinq kilomètres. Les Espagnols finiront par l’occuper de 1860 à 1862 avant d’en repartir au terme d’une tractation financière ruineuse et d’y revenir en 1913 pour en faire la capitale de leur zone de Protectorat.
Aujourd’hui encore, l’Espagne est partout présente. Dans la langue, largement répandue. Dans le style colonial de la ville nouvelle accrochée à son balcon rocheux et dont la place Moulay-el-Mehdi est le centre. Ses immeubles en demi-lune et son église bâtie en 1926 tranchent avec la toile de fond d’une médina lumineuse et touffue. C’est de cette place stratégique que de part et d’autre s’étend le long boulevard piétonnier Mohammed V qui s’anime à l’heure du paseo et rejoint la place Al-Yalâa et son étrange sculpture d’homme ailé suspendue

 

 
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